Journée plantation à Jonzac, le 9 septembre prochain

24 août 2010

Planter une vigne représente une charge de travail importante et un investissement conséquent. Aussi, il est essentiel pour les viticulteurs de mettre tous les atouts de leur côté pour réussir leurs plantations. Ces réflexions sont à l’origine de l’organisation de la journée Plantation en Charentes qui se déroulera le 9 septembre prochain au lycée viticole Le Renaudin à Jonzac. Les pépiniéristes de la région de Cognac et les techniciens des Chambres d’agriculture de Charente, de Charente-Maritime et de la Station Viticole du BNIC invitent tous les viticulteurs à participer à cette journée d’information où la théorie sera associée à la pratique.

Le Syndicat des pépiniéristes viticoles de la région de Cognac souhaitait depuis longtemps organiser une journée technique consacrée au thème de la plantation car, depuis quelques années, les viticulteurs les questionnent fréquemment sur tous ces aspects. Le retour à un taux de replantation plus normal depuis quelques années, l’évolution des pratiques au niveau de la mise en œuvre et de l’entretien des plantations, l’interdiction d’utilisation des produits de désinfection des sols, les interactions sols/porte-greffes… représentent des préoccupations qui interpellent les viticulteurs. L’organisation de l’itinéraire technique nécessaire à la réussite d’une plantation est aujourd’hui un sujet d’actualité. Didier Jallet, le président du Syndicat des pépiniéristes, et ses collègues du conseil d’administration ont perçu les attentes sur tous ces sujets, d’où leur idée d’organiser une démarche d’information sur la mise en œuvre des « plantations de vigne ». Le projet s’est concrétisé en mettant en place un partenariat avec les Chambres d’agriculture de Charente et de Charente-Maritime et la Station Viticole du BNIC.

Réussir une plantation demande de la technicité et de l’organisation

Le savoir-faire pour préparer, réaliser et entretenir une plantation jusqu’en 3e feuille nécessite une véritable technicité dont les principes restent incontournables même si les moyens mécaniques et technologiques ont considérablement évolué depuis 10 ans. On ne fait pas une plantation dans la précipitation en arrachant la vieille parcelle en janvier pour la replanter en mai. L’installation dans de bonnes conditions du système racinaire d’un jeune plant conditionne fortement sa longévité. Le sol doit être préparé correctement pour obtenir une bonne structure dans les couches superficielles et plus profondes. Bien réfléchir au choix du porte-greffe est capital pour l’avenir de la plantation et plus la surface d’une parcelle est grande, plus cette réflexion prend de l’importance. La connaissance de la nature de la couche de terre arable grâce aux connaissances pratiques des viticulteurs et aux résultats des analyses de sols est indispensable. L’exploration de la nature des sous-sols devient aussi de plus en plus déterminante pour affiner les réflexions sur le choix des porte-greffes et des itinéraires culturaux. L’observation de plusieurs fosses pédologique dans une parcelle de 1 à 2 ha révèle souvent des éléments insoupçonnés qui viennent soit confirmer soit contredire d’autres éléments. L’interdiction de l’utilisation des produits de désinfection des sols pose aussi de nouveaux problèmes pour les replantations de vignes sur vignes. Faut-il revenir à des pratiques de repos du sol pendant quelques années ? La mise en terre des plants doit s’effectuer assez tôt en saison pour permettre un déroulement complet du cycle végétatif avant les premières gelées d’automne. L’entretien des plants en première et deuxième feuilles est également capital pour leur développement. L’utilisation des machines à planter, des manchons de désherbage, d’accessoires de tuteurage, la raréfaction des gammes d’herbicides en première et deuxième années, l’intérêt des binages font partie des pratiques nouvelles et traditionnelles qui suscitent toujours beaucoup d’interrogations.

Une synthèse des bonnes pratiques dans le guide de la plantation

Tous ces thèmes ont fait l’objet d’une large concertation entre les techniciens des Chambres d’agriculture de Charente et de Charente-Maritime, de la Station Viticole du BNIC et les pépiniéristes. Le fruit de ce travail a été synthétisé dans un document d’une quarantaine de pages, un guide de la plantation qui sera présenté pour la première fois au public dans le cadre de la journée du 9 septembre à Jonzac. La finalité de cette brochure est d’inciter les viticulteurs à mieux raisonner leurs démarches de plantation dès le moment où ils prennent la décision de renouveler une parcelle. Planter une vigne nécessite avant tout un sens de l’anticipation et de l’organisation des travaux au moins deux ans avant de mettre en terre les greffés-soudés. Ensuite, l’entretien des jeunes plants doit être abordé avec le plus grand soin car c’est pendant les trois premières années de la vie d’une souche que l’on construit la pérennité d’une vigne. Anticiper les travaux, s’entourer de conseils, se donner les moyens de bien cultiver les plantations sont les trois axes de réflexions qui sont développés dans le guide de la plantation.

Le Grand rendez-vous Plantation du 9 septembre à Jonzac

plnatation_dgat_gel.jpgTous ces thèmes feront l’objet de débats lors de la journée du 9 septembre prochain au lycée viticole Le Renaudin à Jonzac. La matinée commencera par la présentation au public du guide de la plantation et ensuite une série d’interventions permettra d’apporter des informations sur les problèmes les plus importants. Les débats commenceront par une communication de Vincent Dumot, de la Station Viticole du BNIC, sur les interactions sols/porte-greffes en Charentes. La deuxième intervention abordera la problématique du court-noué dans les terroirs viticoles depuis l’interdiction d’utilisation des produits de désinfection des sols. Un ingénieur de l’Enita de Bordeaux (de l’association ARD-VD) présentera une synthèse de travaux récents sur la biologie du court-noué et des nématodes. En effet, beaucoup de viticulteurs qui replantent des parcelles de vignes sur vignes se trouvent désemparés depuis l’interdiction des produits de désinfection des sols. Existe-t-il des moyens de savoir si les sols après 30 à 40 ans de culture de la vigne sont d’une part porteurs du virus du court-noué et d’autre part colonisés par les nématodes. Les chercheurs ont travaillé le sujet et cela a débouché sur la mise au point d’un diagnostic d’évaluation de la présence des nématodes dans les parcelles. Le fait de pouvoir identifier la présence du vecteur du virus permet de gérer le temps de repos des sols de manière rationnelle. Le souci de recherche de productivité dans l’entretien des jeunes plants est aussi une préoccupation importante qui a débouché sur le développement de divers accessoires de tuteurage, des manchons de désherbage de conception différente. La Chambre d’agriculture de la Charente a conduit pendant trois ans avec le Syndicat des pépiniéristes un essai des produits les plus couramment utilisés en Charentes. Cécile Bernard, de la Chambre d’agriculture de la Charente, présentera les conclusions de cette expérimentation. L’aspect réglementaire sur les aides à la rénovation du vignoble dans le cadre de l’OCM viticole sera également largement abordé par Mme Patricia Gaudry, de la Chambre d’agriculture de la Charente. L’après-midi sera consacré à des thèmes plus concrets qui se dérouleront dans les vignes. Les techniciens du LCA présenteront au public l’intérêt de réaliser des fosses pédologiques avant de planter une parcelle. Connaître le fonctionnement des couches profondes du sol est important pour prévoir les conditions d’implantation des racines des jeunes plants. Ensuite, divers équipements de préparation des sols seront essayés sur une parcelle de terrain nu et, enfin, une démonstration de plantation mécanique avec la machine Wagner au GPS se déroulera sur le vignoble du lycée viticole.

Programme
9 h – 12 h 15 :
l Présentation du « guide de plantation ».
l Les porte-greffes en Charente : intervention de Vincent Dumot, de la Station Viticole du BNIC.
l Le court-noué : gestion du court-noué et des nématodes vecteurs : intervention de l’Association ARD-VD.
l Présentation de l’essai « protection des plants » : Cécile Bernard, de la Chambre d’agriculture de la Charente.
l Aspects réglementaires sur les aides OCM viti-vinicoles : intervention de Patricia Gaudry, de la Chambre d’agriculture de la Charente.
12 h 30 – 14 h 30 : Repas (entre 15 et 20 E)
14 h 45 – 17 h 30 – Démonstration
l Description d’une fosse pédologique.
l Démonstration d’une machine à planter Wagner au GPS.
l Exposition de différents matériels de préparation du sol.
Renseignements et inscriptions : Chambre d’agriculture de la Charente, antenne Ouest Charente – 7 rue du Stade, 16130 Segonzac. Tél. 05 45 36 34 00 ; fax 05 45 36 34 06.

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