Journée des courtiers : l’exception charentaise

29 octobre 2014

Jérôme Prince, le président national des courtiers en Vin & Spiritueux, l’a dit : « La Journée des courtiers, organisée tous les ans en Charentes avant les vendanges, est unique en son genre. Elle existe nulle part ailleurs. » Quand la « Principauté de Cognac » se fait participative et mutualise ses informations.

 

 

« Nous sommes dans cette tradition de pouvoir parler de tous les sujets. Partager l’information, c’est attester du fait que le monde du courtage joue son rôle de relais. En même temps, il convient de discuter des sujets de fond et pas seulement du court terme. » Patrick Béguin, président du Syndicat régional des courtiers en vins et spiritueux de Cognac, est pénétré de l’importance qu’il y a à faire circuler l’information. Et il n’est pas le seul. Nombre de ses collègues courtiers se considèrent, viscéralement, comme des « passeurs d’informations », à haut degré d’exigence dans l’exactitude et la précision. Après la transaction commerciale, c’est le bonus apporté aux clients. Patrick Béguin a rendu hommage à ses collègues : « Le syndicat compte une quarantaine de membres. Aujourd’hui, nous sommes 33 ou 34 présents. C’est la démonstration, si besoin était, du professionnalisme des cour-tiers en Charentes. »

Moment privilégié

Ainsi, avant les vendanges, la Journée des courtiers constitue-t-elle toujours un moment privilégié. Dans le ba-
layage des sujets d’actualité, on est sûr que rien ne sera oublié et, qu’en plus, les points un peu litigieux, un peu compliqués seront creusés, analysés, disséqués, avec les personnes les plus compétentes pour le faire.

Démonstration en a encore été apportée cette année. Un aréopage d’intervenants – Jean-Noël Navarro, directeur régional des Douanes, plusieurs chefs de service du BNIC, Jean-Bernard de Larquier, Stéphane Roy, Thierry Jullion, président du Syndicat des Vins de pays charentais, des représentants du Pineau, du CIMVC, de l’INAO – ont croisé leurs éclairages.

Car la journée est non seulement technique mais aussi professionnelle, dans le sens où elle donne la parole aux représentants des filières (l’idée de pouvoir aborder les sujets de fond, exprimée par Patrick Béguin). Un point auquel a été sensible le président national, Jérôme Prince. « C’est très remarquable de pouvoir ainsi créer du dialogue entre les familles. Une initiative qui devrait pouvoir susciter des vocations dans d’autres régions. » « Il ne s’agit pas, a-t-il dit, de faire du lobbying ou du corporatisme mais de rappeler que le courtier, par essence, est un médiateur. » Des propos, qui en 2014, acquièrent une résonance particulière.

Professions réglementées

Car, un peu à brûle-pourpoint et sans vraiment s’y attendre, la profession de courtier s’est retrouvée prise dans le tourbillon de la réforme des professions réglementées. Qui le sait ! Sur la liste de la cinquantaine de professions réglementées existant en France (plus ou moins selon la focale retenue), le courtier voisine avec l’ambulancier, le taxi, l’architecte, l’huissier, l’infirmier libéral, l’opticien, le médecin, le pharmacien, le notaire…

Comment en est-on arrivé à ce projet de réforme ? Au départ, il y a la Directive services de l’Union européenne de 2013, qui souhaite introduire une certaine harmonisation des professions réglementées, pour faciliter la circulation des citoyens à l’intérieur de l’UE. Chaque Etat membre est alors invité à en décliner le principe. Mai 2014 – En France, le ministre de l’Economie de l’époque livre sa traduction, tel un chiffon rouge agité à la barbe des professions réglementées. Montée au créneau assurée.

Du côté des courtiers, on se demande un peu « ce que l’on vient faire dans cette galère ». Profession mal repérée par les cabinets ministériels et autres « hubs » administratifs, les amalgames vont bon train. De rencontres en mises au point, les choses évoluent assez vite dans le bon sens. Les interlocuteurs comprennent mieux à qui ils ont à faire. « Nous sommes certes une profession réglementée mais nous
n’exerçons aucun monopole, critère plus spécialement visé par l’U.E. Le courtier est un intermédiaire libre entre un acheteur et un vendeur. Son intervention ne présente aucun caractère obligatoire. »

Là où la profession de courtier est « pre-nable », c’est sur la notion de carte professionnelle, associée à un examen et à un stage obligatoire. Jérôme Prince n’a pas eu de mal à les justifier. « Comment pourrait-on reprocher à une profession de se former ? Nous pratiquons un métier d’experts. Les opportunistes qui viendraient parasiter l’activité n’ont rien à faire dans nos rangs. »

Pour leur défense, les courtiers reçoivent le soutien unanime du monde viticole, de la CNAOC à l’UMVIN (syndicat des maisons de négoce) en passant par Jérôme Despey (président de FranceAgriMer), qui se fend d’une lettre au ministre de l’Agriculture. Sans crier victoire ni faire d’effet de manche – « nous marchons sur des œufs » – Jérôme Prince et ses collègues ont quand même bon espoir que leur profession « ne se retrouve pas sur la sellette ». « S’il faut pratiquer un léger toilettage… »

 

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