10eme Part des Anges : Tous ensemble, tous ensemble, ouais !

4 novembre 2016

Qui l’eut cru ! Et bien oui, la mayonnaise a pris. En vingt ans (2016/ 2016) et en dix éditions, un esprit Part des Anges est né, un peu plus solidaire, un peu moins crispé. Le temps d’une soirée, les armes sont remisées au placard. L’euphorie plane sur une salle que le vertige des chiffres électrise. C’est pour la bonne cause et c’est pour le Cognac.

Ce 8 juin 2006, une poignée de personnes, un tantinet frigorifiées, sont réunies au Logis de Boussac, à Cherves Richemont. La vente aux enchères de Cognacs – qui ne s’appelle pas encore Part des Anges –  clôture une Semaine du Cognac dont la mission est de promouvoir le Cognac sur ses propres terres. Car le produit régional traverse des heures difficiles. La vente aux enchères débute à 23 h, après le dîner. Au marteau, déjà, Vincent Gérard-Tasset, commissaire-priseur à Angoulême. Ce soir-là, la vente des 18 carafes atteindra 17 500 €. Est-ce la température ? L’ambiance est restée un tout petit peu convenue. En 2007, ça y est, la manifestation a trouvé son nom, Part des Anges. 

 

Par contre elle fluctue encore quant au calendrier. C’est en juillet qu’elle est organisée. La chaleur est d’enclume « Une bouteille s’est envolée à 6 000 € ! » se réjouit le département marketing & communication de l’interprofession.  En 2008, la Part des Anges pose son tipi (amélioré) dans le parc de l’hôtel de ville de Cognac. Soirée mémorable qui scelle le mariage de la glace et du feu et fouette l’imagination des créatifs. Ils se lâchent. Tandis que des douelles de barriques crépitent dans des braseros, deux bars à cocktails sont taillés dans la glace. Kitchissime et marrant. C’est la grande année des investisseurs russes et de leurs gardes du corps. Un colt ne dépasserait-il pas de la poche revolver ? En 2009, changement de décor. La soirée se fait nettement plus glamour. La veille, il a beaucoup plu. Mais le 17 septembre, c’est un ciel dégagé qui surplombe la pelouse du Château de Bourg Charente. Les invités, sans doute inspirés par le lieu, se déplacent d’un pas d’amble. Les fonds iront à la Fondation de France et au Château de Chantilly. Joli match.

 

L’année 2010 restera dans les mémoires. C’est l’année où, au prix d’un effort décuplé des organisateurs, le chai Monnet ouvre son antre dantesque et empoussiérée au public. Plongée dans un objet industriel hors normes. Cela ressemble à une rave party détournée par la bourgeoisie locale. Le décor est somptueux, la soirée exceptionnelle. L’année 2011 est celle de l’émotion. Philippe Coste rend hommage à son ami Bernard Guionnet décédé au printemps. En tant que vice président du BNIC, il lui a succédé à la tête de l’interprofession. Ses mots sonnent juste. C’est aussi l’édition où les enchères atteignent pour la première fois les 100 000 €. Il y a fallu la complicité de dernière minute  des Cognacs Meukow et de Vincent Gérard-Tasset mais le pari est gagné. Dîner au château en 2012, au château Chesnel exactement. Souvenir d’un dress code pas encore maîtrisé par tous et toutes. Chez certains (es), le transformiste est à l’œuvre. Waouh ! Encore un château (petit), celui de Brillac, près de Jarnac en 2013. La piscine est belle et le bar qui la borde hollywoodien. Les cocktails, Summit en tête, n’ont qu’à bien se tenir. Atmosphère plus tradi. en 2014. L’Abbaye de Bassac et ses bâtiments conventuels (qui ne le sont plus) accueillent l’évènement. L’envolée XVII ème des escaliers en fers à cheval est un peu magique. Une année blanche en 2015 pour arriver à 2016 au jeudi 22 septembre 2016.

 

La part des Anges, devenue bisannuelle entre-temps, se tient à Cognac. Pas vraiment un retour aux sources mais une manière d’honorer la ville qui a donné son nom à l’eau-de-vie. Le lieu est bien choisi. C’est celui de la rampe du Maco, le Musée des Arts du Cognac. C’est fois, le dress code est imprimé : élégance sans afféterie. Tout Cognac. « Faire vivre les talents » dira Jean-Bernard de Larquier, le président de l’interprofession. « Moment particulier, envie d’être ensemble » ajoutera-t-il pour finir sur « esprit de partage ». Le restaurateur Guy Savoy (trois étoiles au guide Michelin), le parrain de cette 10 ème Part des Anges, parle d’une « version XO » – il a bien retenu de sa visite – et de son coup de foudre pour un produit « qui incarne la culture française ». Dans son restaurant de l’hôtel de la Monnaie à Paris, Quai Conti, il dit proposer le Cognac à partir d’un cl. Personnellement, il le préfère pur mais a vu des Anglo-Saxons verser un fond de Cognac dans un verre de lait. Et pourquoi pas ! Il évoque ces barmen qui savent si bien le mettre en valeur. Il clôtura son message par une recommandation – « Dégustez-le sans modération ».

 

Ce ne fut pas tout à fait le cas au cours de la soirée. Les 700 convives surent pianoter intelligemment entre les différentes saveurs, solides et liquides. A noter cette année une forte présence chinoise, sans doute à l’invitation des maisons. Décor sobre pour une salle ultra connectée, équipée de multiples écrans. Si, en 2010, l’évènement avait mobilisé 18 corps de métiers, cette année, Marie-Véronique Chalas, la cheville ouvrière de l’évènement, cite un chiffre plus proche des 60. 

 

En 2016, changement ! L’interprofession a confié à la maison de vente aux enchères parisienne Artcurial le soin d’organiser la vente des 24 flacons de Cognac d’exception, dans l’objectif louable d’internationaliser l’évènement. Pari tenu. Au cours de la soirée, pas mal d’enchères sont venues de partout dans le monde (Etats-Unis, Russie, Asie), via le net ou par téléphone. Atmospère électrique et joyeuse où, aux tables, les invités (qui en ont les moyens et qui sont venus pour ça) se laissent volonté griser par l’envolée des enchères. Seul regret, la prestation en demi-teinte d’Hervé Poulain, le « porte-marteau » en chef d’Artcurial. Après des digressions sur ses récentes ventes – meubles de Giacometti, chars américains de la seconde guerre mondiale (!) – ses participations aux 24 h du Mans (24 flacons, 24 h du Mans, vous voyez le rapprochement), il a lancé de toniques « silence au fond » qui en surprirent plus d’un. Où étaient le tact et l’entregent d’un Vincent Gérard-Tasset ? D’ailleurs, un applaudissement nourri salua le rappel de son nom. Cela dit « Monsieur marteau », aidé de Laurie Mautheson et de deux autres assistants, fit le job et bien encore.

 

La soirée s’est soldée par une vente record de 265 700 €. Parmi les plus belles mises, les Cognacs Hine et Hardy (14 000 € chacun), Meukow (20 000 €), Jas Hennessy (26 000 €), Rémy Martin (28 000 €), Martell (31 000 €). Les sommes récoltées iront à la fondation Apprentis d’Auteuil (200 établissements en France). En même temps, un partenariat avec la plateforme de dons en ligne HelloAsso a permis de flécher des dons vers trois associations régionales, Nos Quartiers ont du Talents, le cours Odyssée et le club Soroptimist de Cognac.

 

En fin de soirée, Yann Fillioux (maison Hennessy) s’est vu décerné par J.B de Larquier «La Part de l’Engagement », récompensant, comme son nom l’indique, l’engagement au service du Cognac, en l’occurrence cinquante ans de carrière et vingt-cinq ans au sein de l’interprofession. Vincent Chappe, président de la commission communication a salué, pour cette 10 ème édition, le fil conducteur de l’héritage et de la transmission. Il a remercié Philippe Coste, l’inspirateur de l’événement 2006 avec ses collègues de la commission communication, les équipes du BNIC, dont Claire Caillaud, directrice du département communication et Marie-Véronique Chalas. « Nous nous retrouvons tous ensemble, la famille du Cognac. Vous pouvez vous applaudir. » Un peu avant, Jérôme Durand, à la barre en 2006 comme directeur de la communication, avait rendu hommage à ses pairs  « Vous êtes beaux, élégants, courageux. Continuez ! »

 

 

 

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