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Assemblée générales : trois en une

18 janvier 2009

 

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  Tir groupé cette année pour les vins de pays charentais qui ont tenu leurs trois assemblées générales – Association de restructuration, Syndicat, Comité – le même jour au même lieu. Le 29 janvier 2004, salle de la Salamandre à Cognac, vous embarquiez pour un voyage au long cours dans l’univers très fréquentable des VPC.

 

 

 

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Philippe Guélin

En qualité de président de l’Association de restructuration du vignoble des Charentes, Philippe Guélin a ouvert le ban. Après la démission de Pascal Gonthier il y a quelques mois, le conseil d’administration a en effet élu un bureau pour tenir cette assemblée générale, avec Ph. Guélin à sa tête, Olivier Louvet comme président adjoint, Caroline Quéré au poste de secrétaire et Pascal Biteau à celui de secrétaire adjoint. Le conseil d’administration qui s’est tenu depuis a confirmé les gens en place. Ph. Guélin a salué la conviction et l’ardeur de Pascal Gonthier, premier président de l’union des deux associations de restructuration 16-17, des termes qu’il a repris pour décrire le travail réalisé par Danièle Bellivier, qui a consacré cinq ans de son activité professionnelle à la diversification charentaise (voir encadré). Depuis 1998, la restructuration a porté sur plus de 1 500 ha, un chiffre qui, se rajoutant aux 1 000 ha et quelque déjà restructurés, porte la superficie plantée en cépages « autres » à un peu moins de 3 000 ha dans le vignoble des Charentes. « L’outil a parfaitement joué son rôle » a noté le nouveau président. Sensible aux aspects techniques – Philippe Guélin est président de la commission technique viticole et œnologique de la Station viticole du BNIC – il a insisté sur les divers chantiers ouverts en Charentes en direction des VPC : études terroirs dont les conclusions ont été présentées le 10 février dernier au lycée agricole Le Renaudin, implantation de l’antenne ITV à Segonzac, expérimentations conduites au lycée agricole de l’Oisellerie, conservatoire du vignoble par Sébastien Julliard, de l’IREO de Richemont. Il a souhaité que tous ces travaux soient conduits en concertation entre les Chambres d’agriculture, l’ITV, les autres organismes et que des dossiers transversaux existent entre les trois grands produits de la région, Pineau, Vins, Cognac. « Nous allons avoir 15 millions de bouteilles à commercialiser en plus. Pour que les vins de pays charentais trouvent un second souffle, soyons acteur de notre développement. Faisons en sorte que les barrières réglementaires ne viennent pas entraver la progression des vins de pays charentais, même si les barrières psychologiques ou financières seront sans doute les plus difficiles à faire tomber. » 

 

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Yves Bouyer

Puis Philippe Guélin a passé le relais à Yves Bouyer, au titre du Syndicat des producteurs de vins de pays charentais. Lui aussi a pris au pied levé la présidence du syndicat, suite à la démission d’Henri Jammet (voir Paysan Vigneron de novembre). En quelques mots simples d’où perçaient tous les accents de la sincérité, le producteur de l’île de Ré – Yves Bouyer y exploite 20 ha de vigne et préside la Coopérative des Vignerons – a rendu un hommage appuyé à Henri Jammet, selon lui « l’homme de la situation », par l’indépendance d’esprit qui le caractérise mais aussi parce que sa zone – le Monbronnais – est exclusivement vouée aux vins de pays charentais, hors Pineau et Cognac. « Pendant un an, Henri, tu a fais un travail énorme pour la mise en place du syndicat. » Se disant un peu gêné de parler au nom d’une structure qu’il connaît encore mal, Yves Bouyer s’est déclaré un président en CDD, en contrat à durée déterminée. « Je ne veux pas en faire un métier et j’arrive à un âge où il faut plutôt penser à passer le relais. Par ailleurs je suis loin de Cognac et la route est longue. Je ne serais pas toujours présent au bureau pour aider les gens qui y travaillent. Par contre je mettrais toute mon énergie au service du vin de pays charentais pour le défendre du mieux possible. Il y a beaucoup de travail à faire. »

 

FI à la réunionnite

roger_girard.jpgQuand son tour fut arrivé de monter à la tribune, Roger Girard, le président du Comité de promotion des vins de pays charentais, a parlé de « l’union sacrée de tous les responsables », symbolisée par la tenue des trois assemblées le même jour. « On ne pourra pas nous accuser de faire de la réunionnite. » Il a salué le travail accompli par tous les viticulteurs engagés dans la diversification, depuis de très nombreuses années et félicité Jean-Jacques Hausselman et Maud Courtois d’avoir su fonctionner en tandem. « Des “challenges” attendaient le Comité et il a su les relever : la sortie d’un nouveau visuel, qui sera à l’affiche lors du Salon de l’agriculture à Paris ; la création d’une bouteille spécifique aux VPC, dont 45 000 exemplaires ont déjà été commercialisées dans le mois. J’espère que cette année sera celle du renouveau des vins de pays charentais. » Rappelant que le Comité n’était pas là pour faire des économies mais pour promouvoir les vins de pays charentais, R. Girard a indiqué que le Comité avait acquis une petite voiture aux couleurs des VPC. De même la structure s’investit dans l’animation du stand des vins du Poitou-Charentes au Salon agricole. Reste que le « gros morceau » porte toujours sur l’affichage estival qui représente de loin le premier poste de dépense avec un budget de 70 000 €. Cette année, les vins de pays charentais s’offrent une nouvelle image, celle d’un bouquet de vins. Compte tenu des contraintes de la loi Evin, le Comité a le sentiment d’avoir obtenu le maximum de ce qu’il pouvait espérer. Aux consommateurs maintenant d’exprimer leur ressenti au vu de la nouvelle affiche. Les premiers tests grandeur nature le diront. A côté de la communication média, existe toute la communication hors média, liée à la participation à des événements. Si le Comité n’est pas toujours à l’initiative de ces événements – et même assez rarement – il participe à un nombre assez élevé de rendez-vous en tout genre, sous forme de dotations de bouteilles, animations…

Maud Courtois a listé ces actions diverses, entre le Festival du film policier, la Foire de Segonzac, la Fête de la moule de Charron, le Comice agricole de Barbezieux, le Concours Saveurs Poitou-Charentes… En tout pas moins d’une vingtaine de dates tout au long de l’année. Mention spéciale pour la tournée des terroirs où le Comité joue un rôle actif à côté de ses deux autres partenaires, port de la Cotinière et Huîtres des îles. La contribution du Comité à l’ensemble de ces manifestations ressort pour un budget de 12 000 €, un budget somme toute modeste pour la visibilité offerte.

SUAIA

Le poste de Danièle Bellivier est supprimé

daniel_belivier.jpgLa reconversion était le moteur du SUAIA. Les plantations nouvelles marquant le pas en Charentes, le poste de Danièle Bellivier a été remis en cause. L’animatrice du Service d’utilité agricole inter-cham-bres d’agriculture quittera ses fonctions en avril prochain.

En 2003, il se sera planté en Charentes 150 ha de cépages améliorateurs. Au pic de la reconversion sur la campagne 1999-2000, les demandes d’aides ONIVINS ont concerné 532 ha. Sur les trois premières campagnes de restructuration aidée, entre 1997 et 2000, ce sont plus de 900 ha de « vignes autres » qui virent ainsi le jour. Et puis la cadence des plantations s’est ralentie pour aboutir à un rythme de croisière sans doute plus proche des 150 ha par an que des 500. Le temps est loin où l’on pronostiquait 1 000 ha de reconversion chaque année. Conséquence inéluctable : le SUAIA qui était là pour coordonner et orchestrer la restructuration dans son ensemble – création de chais, pilotage des investissements, lancement de marques… – a vu ses missions fondre au fil du temps. L’accompagnement nécessaire pour 5 000 ha de plantations nouvelles ne se justifiait plus pour 1 500 ha. C’est ainsi que « faute du carburant de la reconversion » le poste de Danièle Bellivier a été remis en cause. Cette dernière était arrivée en Charentes en décembre 1998. Auparavant, elle travaillait à Poitiers dans un cabinet d’étude chargé de développement rural, filiale de la Fédération régionale des coopératives. Lors de sa création, en janvier 1999, le SUAIA se veut le « guichet unique de la diversification ». Il émane des Chambres d’agriculture mais aussi du Comité professionnel pour la diversification présidé à l’époque par Michel Pelletier, Christian Vignaud en étant le vice-président. On assigne au SUAIA une durée de vie de huit ans, la durée du plan interprofessionnel. L’emploi de Danièle Bellivier fait l’objet d’un financement tripartite, Etat (ONIVINS), Région et Chambres. En 2003, l’ONIVINS a réduit sa participation financière, compte tenu de la contraction des missions du SUAIA. Pour Jacques Maroteix, président de la structure inter-chambres et président de la Chambre d’agriculture 17, le départ de Danièle Bellivier ne s’explique pas autrement que par le contexte général. « Les organismes consulaires sont là pour accompagner les projets mais, à un moment donné, il faut que les structures économiques prennent le relais. » Après le départ de son animatrice, le SUAIA risque fort de devenir une coquille vide. Et le Comité professionnel pour la diversification de la viticulture charentaise a choisi de transférer ses missions au Syndicat des producteurs de vins de pays. « Il est normal que l’organe représentatif des producteurs reprenne à son compte la défense des intérêts de la diversification » explique J. Maroteix, qui a assumé les fonctions de président du Comité de diversification après le retrait de Michel Pelletier. Pascal Gonthier a côtoyé pendant plusieurs années Danièle Bellivier, d’abord en tant que membre du Comité de diversification et puis comme président de la première association de restructuration 16-17. Il exprime un regret : que la profession laisse partir « une personne formidable, qui pouvait apporter énormément ».

Pour les producteurs postulant aux aides à la restructuration, le départ de Danièle Bellivier ne changera rien à la procédure de dépôt des dossiers. Les demandes d’aide qu’elle recevait à Cognac au titre de l’Association de restructuration pourront toujours être adressées rue de Cagouillet. Au terme d’une convention pour l’instant verbale mais qui devrait être rapidement formalisée par écrit entre le président de l’Association de restructuration et les directeurs de Chambres, c’est Valérie Bauman-Viaud, de la Chambre d’agriculture 17, qui assurera le suivi des dossiers pour les deux départements, comme elle le fait déjà en Charente-Maritime.

Les deux antennes de l’Association de restructuration 16-17 : Maison des viticulteurs, 25 rue de Cagouillet – Tél. 05 45 36 34 04 – Fax : 05 45 36 34 09. Chambre d’agriculture de Saintes, 3 bd Vladimir, 17100 Saintes – Tél. 05 46 93 71 05 – Fax : 05 46 97 20 08.

 

 

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