Une Mise En Réseau Des Compétences

22 mars 2009

Philippe Guélin préside la commission technique du BNIC. A ce titre, il est très au fait du dossier environnemental. Il a également suivi de près la qualification de la Station viticole comme institut technique référant dans le domaine des boissons fermentées et distillées.

 

« Le Paysan Vigneron » – Qu’est-ce qui vaut à la Station viticole du BNIC d’être reconnue comme institut technique référant pour les boissons fermentées et distillées ?

philippe_g_opt.jpegPhilippe Guélin – En fait c’est à rapprocher de la réorganisation des services de recherche au sein du ministère de l’Agriculture. Dans le cadre de l’ACTIA (Association de coordination technique de l’industrie agro-alimentaire), le ministère de l’Agriculture s’est doté de RMT ou réseaux mixtes technologiques. Sur une thématique donnée, ces RMT ont pour objectif d’organiser la mise en réseau de plusieurs contributeurs : instituts techniques, centres universitaires de recherche, instituts de recherches, établissements publics d’enseignement agricole. L’idée est que, par cette mise en réseau, les programmes de recherche profitent d’une véritable synergie des compétences. Après avoir été qualifiée ITAI (Institut technique agro industriel) en mai 2007, la Station viticole du BNIC a été reconnue animatrice du RMT pour les produits fermentés et distillés. Ainsi l’interprofession cognaçaise peut-elle faire passer des messages, voire interpeller le ministère sur les orientations prises.

« L.P.V. » – A votre avis, quels sont les sujets préoccupants aujourd’hui ?

Ph.G. – Je n’étonnerai personne en citant les maladies du bois. A ce titre, la Station viticole va prochainement répondre à un appel d’offre lancé par l’IFV, lui-même porteur d’un grand projet national sur les maladies du bois. Dans ce domaine, nous avons des choses à apporter. Un autre sujet préoccupant concerne le projet d’interdiction quasi totale des matières actives. Cette réforme va trop vite. Ce qui devrait se raisonner sur une génération, on veut le boucler en dix ans alors qu’il faut au bas mot dix ans pour sortir une nouvelle molécule. En l’absence de molécules de substitution, nous risquons de nous retrouver dans une impasse technique. C’est complètement démagogique.

« L.P.V. » – La réflexion sur l’énergie nécessaire à la distillation est-elle à l’ordre du jour ?

Ph.G. – La question risque de se poser avec acuité dans les années 2030-2050, ne serait-ce que par l’épuisement de la ressource fossile. Nous avons donc intérêt à l’aborder dès aujourd’hui. A terme, comment pallier au gaz naturel ? En recourant à la biomasse, à l’hydrogène ? Méfions-nous cependant des fausses bonnes idées qui aboutiraient à un bilan énergétique négatif entre l’énergie renouvelable obtenue et l’énergie fossile consommée pour l’obtenir. Un important programme d’expérimentation va devoir être conduit sur les nouvelles sources d’énergie, un travail que nous ne serons pas capable de mener seul mais en nous entourant de chercheurs nationaux.

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