Confédération Paysanne :l’INAO sans condition

10 mars 2009

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Jacques Lepasteur, Bernard Bégaud et Gilbert Jolly.

La Confédération paysanne tient à réaffirmer son attachement inconditionnel à l’affectation des
surfaces et au régime INAO. Elle dénonce les « préalables » que certains voudraient y mettre – arrachage, extournement – comme des « prétextes à ne rien faire ».

A la mi-décembre, c’est à une mini-entreprise de lobbying que s’est livré le syndicat viticole de la Confédération paysanne, en envoyant trois émissaires faire le « tour des popotes ». « Tour des popotes » circonscrit au SVC (Syndicat viticole charentais), au représentant de l’Etat Anthony Zonta ainsi qu’au président de l’interprofession Bernard Guionnet, mais qui a tout de même permis au syndicat de rappeler clairement ses positions, dans une période considérée comme charnière (examen du dossier Cognac par l’INAO les 26 et 27 février prochain, remise du rapport Zonta au ministre de l’Agriculture à la mi-mars).

Pour Bernard Bégaud, le message essentiel à faire passer consistait à « redire la fidélité de la Confédération paysanne à ses engagements au sein du SGV Cognac, son soutien à l’affectation des hectares, aux rendements différenciés selon les débouchés et à l’INAO ». Si le syndicat s’est abstenu d’aller voir « les gens qui préconisent l’arrachage de 12 000  ha », « une démarche qui ne paraît pas sérieuse », il a rencontré ses collègues de Charente-Maritime à Saintes le 16 janvier. L’entrevue avec Didier Braud, Jean-Marie Arrivé et Gérald Guilbeau a bien sûr tourné autour du « 80/20 » défendu par la Charente-Maritime (20 % d’affectation obligatoire hors Cognac). Sur le sujet, la religion de la Confédération paysanne est consommée : « on appelle ça des préalables pour que rien ne se fasse ». « Il paraît difficile d’imaginer qu’un gouvernement, de droite ou de gauche, puisse édicter une loi rendant obligatoire une affectation de surface. » La visite rendue à Bernard Guionnet a conforté le syndicat dans ses convictions : « Le président de l’interprofession nous a confirmé l’infaisabilité juridique de toute obligation. Il nous a assuré qu’il appuyait de toutes ses forces la réforme INAO enclenchée dans cette région et qu’il n’y mettait aucun préalable, du type arrachage ou extournement. »

Bien que non officiel et ne figurant pas dans le projet de décret INAO, le chiffre de 8 hl AP/ha a souvent été associé à l’affectation de surfaces, que ce soit dans le Projet d’avenir viticole, voté par l’Interprofession, le courrier commun des deux Chambres adressé au ministère de l’Agriculture début décembre, ou les réunions viticoles du SGV Cognac. Et naturellement l’équation « affectation des ha/8 de pur » entraîne ipso facto la crainte de « dérive » par « l’élargissement du ciseau des disparités ».

« un courant progressiste »

Par rapport à cela, la Confédération paysanne reconnaît un danger « dans la manière de couper le gâteau » mais se dit prête à « courir le risque ». « A choisir entre 25 ans de marasme et le risque d’avoir une dérive sur 30 000 hl AP, nous prenons le risque de la dérive. C’est toute la différence qui peut exister entre des conservateurs et des progressistes. Nous, nous nous inscrivons dans un courant progressiste. » Le syndicat redit sa confiance dans le raisonnement économique des viticulteurs, raisonnement qui les découragerait, pense-t-il, à tout affecter au Cognac. « Aujourd’hui les viticulteurs peuvent distiller 6 hl de pur sur tous les ha ; ce n’est pourtant pas ce qu’ils font. » Sans signer un chèque en blanc au négoce, la Confédération ne souhaite pas non plus le diaboliser ni pratiquer d’amalgame à son égard. « Il n’y a pas un mais des négoces. » « Si les négociants sont intelligents – et il n’y a pas de raison d’en douter – ils comprendront très vite que l’INAO et l’affectation des surfaces représentent leur avenir, comme ils représentent celui des viticulteurs. Car mieux vaut une affectation des ha et des engagements contractuels triennaux derrière qu’une flambée ou une chute erratique des prix et un marché en dents de scie. A jouer les funambules, il arrive de tomber. » Et si, malgré tout, dérive il devait y avoir, Bernard Bégaud et ses collègues sont favorables « à des formes légales d’organisation du type QNV d’exploitation, avec possibilité de production de 8 de pur/ha sur des ha, sachant que l’exploitation est dotée d’un coefficient multiplicateur de 6 ou 6,5 ». Revendiquant de se situer dans une « logique INAO », la Confédération paysanne défend un schéma d’organisation horizontale (répartition des surfaces en fonction des destinations), par opposition à un schéma vertical (empilement des destinations). « Plutôt que de partager la misère, nous préférons partager la richesse. »

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