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Un Exemple De Reprise Bouteille

27 décembre 2008

Une centaine de vignerons coopérateurs du Sieur d’Arques à Limoux commercialisent 326 000 cols de vins effervescents (Blanquette de Limoux, Crémant) sur le modèle des coopératives champenoises, dont ils se sont inspirés il y a quinze ans.

mirc.jpgPierre Mirc, le président de la cave, ne s’en cache pas. C’est en « pompant » les trois quarts du système champenois que la Coopérative des producteurs de Limoux a mis au point son propre système de reprise des bouteilles par les adhérents. Pour ce faire, elle a créé une branche « prestations de services » tandis que la nature de vin mousseux l’exonérait de l’obligation d’identifier les vins pour pouvoir personnaliser la bouteille aux couleurs du vigneron (reprise à l’équivalent et non à l’identique). Ceci étant, ce ne fut pas le « rush ». « Quand le revenu ha oscille entre 25-30 000 F/ha et 60 000 F, cela n’incite pas trop au dynamisme » explique le président. « Les viticulteurs qui vendent à la coopérative n’ont pas trop envie de s’… à commercialiser. » Un autre problème selon lui tient à l’importance du forfait dans sa région, une limite de 500 000 F/ha très vite battue en brèche par la vente en bouteille. D’où l’explication des 326 000 cols comparés aux 6 millions de cols de vins effervescents vendus par la coopérative.

Quelques règles de fonctionnement simples posent les contours de la reprise bouteilles : pour la vente personnelle, la coopérative impose de ne pas dépasser un maximum de 50 % des apports, avec un minimum de réservation d’une palette ; il est interdit à l’adhérent de vendre à la grande distribution, considérée comme le pré carré de la coopérative ; pour ne pas perturber le bon fonctionnement de la cave, les retiraisons s’effectuent à date fixe, le dernier jeudi de chaque mois ; les prestations de services se paient à 60 jours fin de mois ; enfin, le vigneron a l’obligation de retirer son lot de bouteille sans possibilité de constituer un stock à la coopérative.

Exemple chiffré

Pour illustrer, devant les viticulteurs adhérents du Liboreau, l’intérêt d’une reprise bouteille, Pierre Mirc a retenu l’exemple réel d’un vigneron possédant 7,5 ha en AOC Blanquette de Limoux. Sa production moyenne s’élève à 60 000 kg de raisin rémunéré autour de 5 F le kg (entre 3 F et
6,70 F). Ce qui donne un chiffre d’affaires brut de 300 000 F ou, à l’ha, 40 000 F. M. Dupont réserve 10 000 bouteilles, sachant qu’il faut 1,148 kg de raisin par bouteille de Blanquette. Sa production bouteille neutralise donc
11 480 litres, ce qui fait descendre son chiffre d’affaires vrac à 242 000 F. Par contre à 40 F la bouteille, prix moyen, son chiffre d’affaires bouteille s’élève à 400 000 F. Soit un chiffre d’affaires brut, vrac-bouteille, de 642 000 F. De cette somme, il faut enlever les frais bouteilles, estimés à 23 F, bouteilles palettisées-filmées, soit un total de 130 000 F (23 F x 10 000). Après avoir soustrait 130 000 F de 642 000 F, le chiffre d’affaires net obtenu est de 412 000 F. Rapporté à l’ha (412 000 F : 7,50) cela donne un chiffre d’affaires/ha de 55 000 F au lieu de 40 000 F. Indéniablement, la vente de 10 000 bouteilles engendre donc une hausse importante du revenu, de l’ordre de 40 %. Mais l’incidence fiscale n’est pas prise en compte, ni l’avance des frais.

Par expérience, P. Mirc signale que « les plus gros viticulteurs font 20 000 bouteilles et les plus petits une « paire » de palettes. » Il relève aussi que le « vice du système » tient en l’occurrence à facturer à l’adhérent un prix de revient bouteille de 23 F alors que le prix de vente normal de la bouteille aux acheteurs s’élève à 35-40 F. « Chaque système a une faille, il faut le savoir. »

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