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« Il y a vraiment un moment où j’ai cru ne pas y arriver »

11 mars 2009

Président du Syndicat général des vignerons de Champagne, Philippe Feneuil a animé la commission d’enquête qui s’est déplacée pendant quatre ans sur le terrain en vue de modifier le décret INAO Cognac. Bilan à un « virage ».

photo_162.jpg« Je voudrais tout d’abord exprimer ma surprise que les 63 membres du Comité national INAO aient voté à l’unanimité le projet de modification du décret Cognac. Il s’agit d’une procédure très rare. Elle marque bien la volonté de l’INAO d’accompagner la région Cognac. Les services du ministère de l’Agriculture et de la DGCCRF ont demandé à vérifier la validité juridique de l’affectation parcellaire, ce qui ne devrait pas poser problème. A cette réserve près, on peut considérer le texte comme voté. J’en suis très heureux pour les Cognaçais. Il y a quatre ans, la mise en place d’un système INAO semblait difficile, politiquement parlant. Aujourd’hui, je constate que tout le monde se retrouve derrière le Syndicat général des vignerons pour la défense de l’AOC Cognac. Viticulteurs, négociants, interprofession, chacun joue le jeu. L’abandon de l’ancien système n’est pas une fin en soi. C’est un démarrage. Cognac arrive à un grand virage. S’il le négocie bien, il sera source de valeur ajoutée, par l’identification des débouchés qu’il introduit. Personnellement, je suis convaincu que l’appellation Cognac devrait rayonner de A à Z, c’est-à-dire que le vin devienne vin d’AOC et non plus vin apte. Je sais que dans leur grande majorité les Charentais n’y sont pas favorables et la décision leur revient. Le vignoble y gagnerait pourtant une dynamique indéniable et une vraie vision de produit d’appellation. Cela me fait un peu mal au cœur de voir chez vous des vignes taillées mécaniquement. Si le Champagne est champagne à la prise de mousse, il n’empêche que le vin est AOC à la vigne. Je sais que franchir ce pas supposerait beaucoup de travail mais je suis prêt à appuyer les Charentais dans ce sens, s’ils en manifestent le souhait. Je suis convaincu que cela servirait le produit, non seulement à l’aval, côté producteurs mais aussi à l’amont, côté négoce. Mais sans doute faudrait-il solder auparavant les vieilles querelles qui demeurent.

En ce qui concerne le travail de la commission d’enquête, il y a eu un moment où j’ai cru que je n’y arriverai pas. J’ai dû parler un peu brutalement, on m’en a voulu mais je ne le regrette pas. Champagne et Cognac ont vraiment beaucoup de choses en commun. En reposant chacun sur un processus d’élaboration (la distillation, la prise de mousse), leurs produits se ressemblent et elles partagent les mêmes maisons, voire les mêmes dirigeants. »

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