OCEALIA : La « phase 1 » de construction est réussie

25 février 2017

Le premier exercice 2015-2016 de la coopérative Océalia vient concrétiser l’aboutissement d’un projet d’entreprise ambitieux voulu par des hommes convaincus que seule la recherche d’une dimension d’entreprise puissante est en mesure d’apporter de la plus-value aux agriculteurs. Lors de la présentation des résultats du premier exercice,Philippe Delusset, le président et Thierry Lafaye affichaient la satisfaction d’avoir mené à bien la création d’un groupe coopératif après deux années de préparation. L’ambition prioritaire de cette première année activité était à la fois de réussir la fusion et de renforcer les relations avec les adhérents.

Océalia est une coopérative implantée dans un vaste territoire réparti dans 5 départements de la Nouvelle Aquitaine (la Charente Maritime, la Charente, les Deux Sèvres, la Dordogne et la Vienne). L’entreprise travaille avec 7 200 adhérents, emploie 645 salariés (et 910 salariés avec l’ensemble des filiales) et est impliquée dans une diversité de productions et de filières, les céréales, la viticulture, l’élevage (bovins, caprins et ovins), le Cognac, les jardineries, le Pop-corn, l’alimentation animale,…… . La forte croissance du périmètre d’activité et la diversité des univers agricoles au sein de l’aire d’activité représentent à la fois de véritables atouts et engendrent aussi des responsabilités importantes vis-à-vis d’un public d’adhérents ayant des attentes très différentes.

 

Un outil coopératif puissant pour proposer des tratégies de développement

 

      Les agriculteurs des territoires d’élevage des Deux-Sèvres ou de la Vienne, des plaines céréalières de l’Aunis et du nord Charente et du cœur du vignoble de Cognac sont désormais impliqués et partage les enjeux de développement d’un même projet d’entreprise. Des concepts et des modèles de productions aussi différents disposeront-ils au sein d’une coopérative devenue puissante sur le plan économique, d’une écoute et de pouvoirs de décision suffisants pour assurer le développement de leur filière ?   L’univers à la fois concentré et mondialisé des filières céréalières et d’élevage peut-il être tempéré par des acteurs coopératif de poids ? Les dirigeants d’Océalia  pensent que leur choix de construire un outil coopératif de dimension économique suffisante représente une alternative proposer des initiatives fortes sur les différentes filières de production. Ils  estiment actuellement que ce challenge jugé d’ambitieux par certains observateurs est rentré dans une phase de construction active.

 

2015/2016, «la phase 1» de construction d’Océalia

 

      Th Lafaye explique avec transparence que la phase 1 de construction d’Océalia s’est déroulée sans aucuns incidents de parcours « A l’issue de cette première année d’activité, nous estimons que la fusion des deux coopératives mères est définitivement validée. Le premier exercice que nous venons de vivre correspond à une phase d’harmonisation qui avait été bien anticipée au niveau des hommes et des charges. Cela a engendré des coûts exceptionnels qui sont restés conformes à nos prévisions. L’adhésion du conseil d’administration et du personnel à notre nouveau groupe coopératif a permis de bien anticiper le coût de la fusion et de faciliter la mise en place d’un management efficace. La coopérative a réalisé un chiffre d’affaires de 580 M€ en retrait de 11 % en raison de la baisse de la collecte et des cours des céréales. Nous avons distribué 50 % du résultat sous la forme de ristournes auprès de toutes les catégories d’adhérents. Le démarrage véritablement opérationnel de notre coopérative est intervenu à partir du 1er juillet 2016».

 

Une récolte de céréales dans la bonne moyenne et des conditions de marché difficiles

 

      L’exercice 2015-2016 a été marqué par des volumes de production de céréales dans la bonne moyenne (en baisse par rapport à l’abondante récolte 2 014), des conditions de commercialisation assez difficiles, une situation difficile au niveau de l’élevage et un contexte porteur sur la filière Cognac. La collecte de céréales qui avaient atteint le niveau record de 1 827 Mt en 2014 est passée à 1 718 Mt en 2015 et celle de 2 016 sera encore plus maigre avec seulement 1 400 Mt. La collecte de blé de la récolte 2 015 a été très généreuse mais ces belles productions ont été commercialisées dans un contexte très concurrentiel entre les zones de productions Françaises et aussi celles de l’étranger. Les collectes d’orge et de colza ont été assez stables. La récolte de maïs a retrouvé des niveaux habituels et les faibles niveaux humidités ont limité les frais de séchage. Les débouchés en France d’amidonnerie et de gavage ont compensé partiellement le manque de volume sur les marchés d’export. Les capacités de stockage de la coopérative qui se situent actuellement autour de 70 % de la collecte totale, seront augmentées dans l’avenir pour être en mesure de mieux valoriser les productions.

 

Les ventes agrofournitures en diminution malgré le dynamisme de la filière vigne

 

      Le chiffre d’affaires des agrofournitures, de 194,8 M€, a connu une baisse liée à des diminutions de consommations sur la filière céréalière et à la chute des prix des engrais. La modification des assolements avec la montée en puissance des cultures d’hiver (le blé et le colza) a aussi une incidence sur l’utilisation des approvisionnements. Le marché des intrants phytosanitaires a enregistré une diminution de 2 % liée d’une part aux conditions climatiques et au contexte économique. Au niveau des grandes cultures, les segments qui ont progressé sont l’utilisation des fongicides (sur les céréales d’hiver et les colzas) et aussi les anti-limaces. Les ventes d’herbicides ont régressé en raison de la baisse des surfaces de mais et de Tournesol. En vignes, les consommations de fongicides ont diminué en raison d’une climatologie peu propice au parasitisme. Le développement des pratiques de travail du sol mécaniques a aussi modifié la mise en œuvre des pratiques de désherbage chimique. Les ventes d’équipements de palissage ont généré un chiffre d’affaires en progression de 3 %. Les volumes d’engrais utilisés sont restés à peu près stables (baisse de 1 % des tonnages) même si les consommations de potasse, de phosphore et d’amendement calcaires ont baissé. La baisse de la fertilisation minérale a concerné principalement les formulations d’engrais azotés simples, les phosphates 18/46 et les produits ternaires. La diminution des consommations d’amendements calcaire est directement liée à la crise de l’élevage. Les ventes d’amendements organiques et de formules organo-minérales ont connu une forte progression dans l’univers viticole. Les produits de fertilisation foliaires continuent d’être en progression constante dans le secteur viticole et  les grandes cultures. Les ventes de semences certifiées correspondent à l’évolution de l’assolement avec une hausse des semis de blé et de colza et une diminution du mais et des tournesols.

 

Une activité vins, pineaux et Cognac «qui se porte bien»

 

      La filière viticole a bénéficié d’un bon millésime 2015 sur le plan des volumes et de la qualité. La nature plus clémente durant toute la saison  a permis à la coopérative  et à ses adhérents de produire  28120 hl de vins de pays,  8000 de pineau des Charentes et  3600 hl AP d’eaux de vie. Au niveau des vins, le gros travail engagés avec les producteurs a porté ses fruits. Les vins blancs, rosés et rouges de 2015 concilient richesse aromatique et belle structure en bouche. D’ailleurs,  le sauvignon et le merlot ont décroché des médailles d’or et d’argent au concours général agricole. Océalia a engagé une réflexion stratégique sur le développement de son activité viticole  en définissant un une stratégie et des axes de développement pour les cinq années à venir. L’accompagnement des producteurs de la plantation à la récolte sera renforcé afin de mieux maîtriser les enjeux qualitatifs des diverses productions. Les démarches contractuelles feront l’objet d’une offre plus diversifiées incluant des restitutions économiques accrues pour les adhérents. La coopérative souhaite créer plus de synergies entre l’amont et l’aval. Elle souhaite mieux valoriser sa maîtrise de tous les métiers, la vinification, la distillation, le stockage, le conditionnement et la commercialisation vis les deux filiales A.E DOR et Unicognac.

     

Des actions structurées pour soutenir la filière élevage

 

      Les difficultés des deux filières vaches laitières et bovins à viande ont bien sûr eu un impact sur les ventes d’aliments du bétail, de matières premières et de semences fourragères. Par contre, la production de chèvres laitières et d’ovins a retrouvé des marges plus satisfaisantes qui contribuent à renforcer leurs rentabilités après des périodes difficiles. Le pôle élevage avec un CA de 36 M€ représente 20 % du chiffre d’affaires agrofournitures. Par le biais de la Filiale Durepaire en Charente, 1 200 ha de surfaces en luzerne sont cultivés et transformés pour fournir des aliments du bétail et protéines d’origine locales aux éleveurs. Le développement de la culture du soja initiée par Océalia, il y a quelques années sur des sols peu ou pas calcaires se poursuit. 2 600 ha ont été cultivés pour fournir les besoins de trituration des tourteaux des usines locales d’aliments d’Alicoop. Soléo Développement qui suite à la fusion est détenue à 80 % par Océalia continue de jouer son rôle d’acteur structurant sur la filière. La structure a permis au cours de l’exercice 2015/2016 l’installation ou l’agrandissement de 19 élevages (dont 13 sociétaires de la coopérative) en nouant des partenariats avec les banques, les laiteries, les organisations de producteurs pour financer le cheptel.

 

Des ratios financiers «au vert» malgré une conjoncture difficile

 

      Le résultat net de la coopérative s’élève à 1 % du chiffre d’affaires après une redistribution de 9,5 M€ de compléments de prix sur les céréales, des remises de fin de campagne sur les appros et l’octroi d’une prime d’intéressement pour le personnel. Le résultat conservé par la coopérative est de 3,40 M€ et les capitaux propres atteignent 189 M€. La bonne collecte de blé de l’été 2015 n’a pas compensé la baisse de production de mais. La contraction des prix des céréales sur les marchés a aussi impacté le CA des productions végétales qui recule de 14 % (373 M€). Le contexte difficile pour les éleveurs et les céréaliers et la baisse du prix des engrais se sont ressentis au niveau des ventes d’agrofournitures qui sont aussi en diminution. Le chiffre d’affaires des approvisionnements lié à l’activité viticole de la région de Cognac est resté très dynamique. La baisse d’activité des deux pôles d’activité majeurs impacte la marge brute de l’entreprise mais l’ensemble des rations financiers restent au vert. Océalia est devenue un poids lourd des coopératives d’agro-distribution qui est entré dans le top 10 de la catégorie en France de. C’est aussi le premier collecteur de céréales de la Nouvelle Aquitaine.

 

Une bonne performance économique et des investissements soutenus

 

      Th Lafaye et Ph Delusset ont présenté des résultats qui attestent de la saine gestion de l’entreprise. Ils ont tenu a souligné cette performance dans un contexte économique difficile sur les activités d’élevage et des céréales. Le poste des charges externes (les transports, les transferts, les frais de stockage et de séchage enregistre une diminution malgré des coûts exceptionnels liés à la fusion proches d’1 M€ (assistance et ingénierie informatique, licences de logiciels, honoraires). Les frais de personnel avec un effectif de 655 CDI n’ont que légèrement augmenté pour atteindre 35 M€ (34,20 M€ en 2014-2015). Des investissements de 15 M€ ont été réalisés au cours de l’exercice pour mettre aux normes les installations existantes, augmenter les capacités de stockage sur plusieurs sites (de plus de 19 000 t sur la Chapelle Pouilloux et Salles Lavalette) et réaménager complètement certaines implantations (nouvelles infrastructures de Pérignac). Les taux d’intérêt historiquement bas ont facilité la gestion de la coopérative qui a dégagé des niveaux de résultats satisfaisants.La capacité d’autofinancement qui est restée stable à 22 % permet de poursuivre la réduction de l’endettement. Les différentes filiales de la coopérative se portent bien et certaines d’entre elles affichent de belles performances économiques. Les activités de spiritueux d’Unicognac-A.E DOR ( 29 M€ de CA), de pop-corn de Sphère Production (13,08 M€ CA) et des jardineries (27 M€ CA) représentent des axes de développement constants qui représentent 10 % du chiffre d’affaires total du groupe.

 

Le pop-Corn «haut de gamme» poursuit son développement

 

      La filière pop-Corn a connu une année assez faste au niveau des volumes de productions et des résultats commerciaux. Les surfaces de mais pop Corn en 2015 ont atteint 2 814 ha auprès de 210 producteurs. Les efforts techniques sur cette culture ont contribué à l’obtention de bons rendements (5,1 t/ha en moyenne) et d’une qualité technologique de grains intéressante. L’accompagnement technique des producteurs fondé sur les retours d’expériences et les résultats des expérimentations (essais de variétés, optimisation des conditions de récolte, ….)  s’avère essentiel pour maîtriser le pilotage des itinéraires culturaux et valoriser le potentiel de qualité des grains. La filiale Sphère Production qui a en charge la fabrication et la commercialisation du produit final, s’est positionnée depuis longtemps sur le marché de niche des pop-corn « haut de gamme ». Les mais à éclater représente 80 % des tonnages et environ 50 du chiffre d’Affaires. L’unité de production de Saint Genis de Saintonge trie et calibre rigoureusement les mais qui sont ensuite vendus (en grande partie à l’export) à des grossistes en confiserie (et cinéma) et des industriels. Le deuxième, la fabrication de pop-corn, ne représente que 20 % des volumes mais génère des plus-values importantes. L’usine de Sphère Production a acquis un savoir-faire reconnu dans l’élaboration de produits salés, sucrés, aromatisés et commercialisés en divers conditionnements. Les marques en propres Movies Pop et Movies Star connaissent une expansion régulière. La filière Sphère Production a dégagé un CA de 13,08 M€ et un résultat de 601 000 €. 15 % des résultats de l’exercice ont été ristournés aux 210 producteurs. L’entreprise grâce à son dynamisme commercial et à ses choix de produits haut de gamme affiche des perspectives de développement intéressantes auxquelles Océalia répond en investissant 7 M€ dans l’extension de l’unité de fabrication de Saint Genis de Saintonge.

 

De véritables ambitions pour Unicognac et AE DOR

 

      La petite filière de production viticole qui mobilise 265 viticulteurs dans la région de Cognac se porte bien et les responsables d’Océalia affichent une véritable ambition pour cette activité. Unicognac qui distribue l’ensemble des produits de la coopérative les vins IGP, les pineaux et le Cognac, a vendu 5,5 millions de cols. Les ventes de vins IGP qui sont en majoritairement réalisé en France sont restées stables en volume alors que celle du Pineau ont baissé de 7,6 %. Les ventes de Cognac bénéficient du dynamisme du marché Américain et l’entreprise, bien implantée dans ce pays enregistre une progression de ses ventes de 12 %. Les débouchés sur l’Asie bien qu’étant plus compliqués représentent une part importante des exportations. Malgré une baisse du chiffre d’affaires, Unicognac dégage un résultat en nette progression (583 000 €) dont une partie significative va être distribuée aux adhérents. La maison AE DOR a connu une année d’adaptation à son nouvel environnement au sein de la filiale viticole. L’activité a connu des difficultés en Russie, une baisse volontaire des ventes de vrac et aussi quelques succès sur divers marchés historiques. Les ventes en bouteilles sont restées stables (472 000 cols) et l’entreprise conserve des niveaux de marge élevés (un résultat de 100 000 €). La volonté de la coopérative souhaite pleinement respecter l’éthique de qualité des Cognac AE DOR qui constitue son histoire et aussi son avenir. Les produits de cette entreprise constitueront dans l’avenir la marque élite de la filière viticole. Le renforcement de l’équipe commerciale, l’exploration de nouveaux marchés (en Asie, au États-Unis, au Vietnam, … ) et le lancement de nouveaux packagings sont déjà engagés pour conquérir de nouvelles parts de marchés.

     

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