Les Guerlets d’Condion : la vie d’autrefois, comme si on y était

24 octobre 2012

Journaliste à l’antenne Sud-Ouest de Barbezieux, Mauricette Boutin est une passionnée de théâtre. Elle préside et met en scène les « Guerlets d’Condion », troupe de théâtre amateur qui trouve ses racines dans la « communale » de Condéon. Fil rouge de la troupe : faire revivre le passé, le plus authentiquement possible.

Comme Josette Guérin-Dubois, Mauricette Boutin est très attachée à son groupe de jeunes acteurs, une vingtaine d’enfants. Ces « drôles » sont à peu près tous scolarisés à la « communale » de Condéon. Même chose pour les acteurs adultes – une vingtaine également – pour la plupart anciens élèves de l’école. C’est justement le centenaire de l’école communale de Condéon, en 1999, qui servit de révélateur au groupe. Après s’être retrouvés, les anciens élèves n’eurent qu’une envie, continuer de jouer ensemble. Le club de théâtre de Condéon était né.

Tous les ans, il monte un nouveau spectacle en patois saintongeais, centré sur la vie d’autrefois : arrangements entre familles, héritages, traitements médicaux, cuisine du cochon… 

« J’avoue être un peu maniaque sur les détails » annonce Mauricette Boutin, metteur en scène et « âme » de la troupe. « Nous cherchons à être le plus fidèle possible à l’époque. Nos spectacles démarrent au tournant du siècle dernier et ne dépassent pas les années 60. Nous essayons de ressusciter la vie d’autrefois. » Avec la complicité de son mari, « chef décorateur » de la troupe, Mauricette Boutin n’a pas hésité à installer un lavoir sur scène (avec baignade collective à la fin du spectacle) ou encore à cuisiner – en vrai – le cochon devant le public. Atmosphère, atmosphère… Le tout avec un soin exigeant apporté aux plis de la coiffe charentaise, aux vêtements des acteurs…

En elle-même, Mauricette Boutin, présidente du club de théâtre, est un personnage. Pendant une dizaine d’années correspondante du journal Sud-Ouest à l’antenne de Barbezieux, elle a si bien institutionnalisé sa chronique dans ce coin de Charente qu’elle fut titularisée par le groupe de presse en tant que journaliste « de plein exercice » à l’approche de la cinquantaine. Ces collègues parlent d’elle comme d’une militante de l’info. de proximité. Et cela transparaît dans ses articles, justes et sensibles.

Une même passion nourrit son rapport au théâtre. Pendant 15 ans, comme actrice amateur, elle a joué avec délectation. A l’occasion d’un stage de théâtre où elle est remarquée, elle envisage même de franchir le pas et devenir une « professionnelle des planches ». « C’était un vieux rêve. Je me suis dit : chouette, chouette, je vais le réaliser ! Et puis, quand le rêve est devenu accessible, finalement, cela ne m’intéressait plus. Je suis revenue avec « la banane », en me disant que j’avais été au bout de mes aspirations. Cela m’a fait très plaisir de savoir que je pouvais le faire. »

C’est sans regret aucun qu’elle se voue depuis 20 ans à la mise en scène. Les répétitions ont lieu l’hiver, le soir pour les adultes, le dimanche matin pour les enfants. La troupe n’écrit pas ses pièces. Elle joue celle des autres. Elle apprécie tout particulièrement la production d’un auteur local, Pascal Berthelot, dit « Chap’tit », des Vestugheons de Chatignât (Chatignac). « Nous en sommes friands à Condéon ». Si la troupe se nourrit des quiproquos, des situations cocasses et des rires, Mauricette Boutin tient à distance grossiéretés et blagues « en dessous de la ceinture. » « Les gens ont besoin de sentiments et d’émotion. » Il y a deux ans, elle a convaincu sa troupe de tenter une expérience, celle d’interpréter une pièce dramatique. « On peut essayer ! ». « Nous avons tiré les larmes » relève avec une pointe de fierté la metteur en scène. « J’ai beaucoup de chances avec mes comédiens. Ils me font complètement confiance. » Pour celle qui n’apprécie rien tant que le jardinage, la nature, la randonnée, cette rencontre avec le public est un plaisir renouvelé.

« Attention ! Nous ne sommes qu’une troupe d’amateurs. Mais nous sommes heureux d’apporter du bonheur à ceux qui viennent nous voir. »

Un rendez-vous annuel scelle les retrouvailles de la troupe et de son public. La date est immuable – les deux derniers week-ends du mois de mars – et le lieu ne change pas non plus. Il s’agit toujours de la salle des fêtes de Condéon. Compte tenu de la profusion du décor, la troupe a abandonné l’idée de se déplacer. De cinq séances, les représentations passeront à six en 2013 (voir dates). « Notre public est plus jeune que l’on ne pourrait s’y attendre. Nous avons beaucoup plus de mal à faire venir les anciens » note Mauricette Boutin.

Sa fierté du jour : au bout de 20 ans, le président du comité des fêtes de Condéon a décidé de quitter sa présidence pour enfin monter sur scène. « Cela fait vachement plaisir ! » Mauricette Boutin ne désespère pas de décider son frère à suivre l’exemple. Mais la partie s’annonce plus difficile.

Les Guerlets d’Condion
Représentations
à la salle des fêtes de Condéon
les 16, 17, 22, 23, 29, 30 mars 2013.

 

 

A lire aussi

Collectif 30 000 Martell – Objectif 0 herbi

Collectif 30 000 Martell – Objectif 0 herbi

Le projet du groupe est le maintien de la réduction significative des intrants phytosanitaires, fongicides et insecticides, d’au moins 50% par rapport à la référence et l’arrêt total du désherbage chimique, tout en maintenant la productivité. Cette viticulture...

Optimiser la qualité de pulvérisation de son appareil

Optimiser la qualité de pulvérisation de son appareil

Guillaume Chaubenit adhére au Collectif 30 000 Martell. Il a choisi de tester le programme LUMA, un programme phytosanitaire sans DSR, avec des produits 5m pour les ZNT. Changement de pratiques, année à pression forte pour le mildiou, ce jeune viticulteur, confiant...

error: Ce contenu est protégé