Le gaz, puis le charbon et bientôt les granulés de bois

16 mars 2009

granul_de_bois_opt.jpegLe vignoble Barron à Saint-Martial-sur-le-Né a une démarche originale d’utilisation d’un nouveau combustible pour la distillation. Toute la production de cette propriété de 16 ha est distillée dans un alambic de 25 hl qui a une histoire assez originale. Cette chaudière a été installée en 1972 au gaz, mais elle n’a pas fait beaucoup de campagnes avec ce combustible.

 

 

 

Le premier choc pétrolier de 1973 a plaidé pour le retour au charbon

barron_2_opt.jpegC’est le père de Jean-Claude Barron qui avait décidé de l’achat d’une belle 25 hl au gaz mais après trois campagnes de distillation, le brûleur a été définitivement démonté. En 1973, le premier choc pétrolier avait fait déjà multiplier par trois le prix du gaz, ce qui avait incité J.-C. Barron a faire transformer l’alambic au charbon. Un heureux concours de circonstances leur a permis d’acquérir un système d’alimentation complet au charbon petit grain (avec grande trémie et la soufflerie) chez un distillateur qui passait au gaz. Un foyer inversé a été monté pour que l’alimentation de charbon ne soit pas dans la distillerie et la grande trémie assure l’alimentation en charbon pendant 24 heures. Cette installation a donné entière satisfaction à Jean-Claude Barron et à son fils Jean-Marc sur le plan qualitatif. Le travail autour de la chaudière est plus important qu’au gaz mais pas du tout insurmontable : « Il nous faut seulement une demi-heure par jour pour faire le plein de charbon qui est stocké dehors sans précautions particulières. Nous consommons 200 kg de charbon par jour et l’élimination des cendres et du mâchefer représente un travail parfois pesant quand on distille pendant deux mois. Selon les origines du charbon, la quantité de cendres et de mâchefer varie de manière importante. Cette année on a eu du charbon en provenance de Colombie qui faisait moins de déchets. Pendant les cycles de distillation, il faut de la présence pour maîtriser la qualité mais avec la vis d’amenée du charbon à vitesse variable et la soufflerie, on conduit facilement les coulages. Cette année, nous avons distillé pour 17 e/hl d’AP de combustible, ce qui est très compétitif par rapport au gaz. »

10 jours de distillation aux granulés de bois très convaincants

Depuis quelques années, Jean-Marc Barron réfléchissait à l’utilisation d’un autre combustible plus respectueux de l’environnement pour conduire la distillation. Il s’est beaucoup documenté sur les déchets de bois et les granulés de bois mais sans réellement avoir l’intention de faire un essai. Au mois de janvier, une avarie technique au niveau de la vis d’alimentation du charbon l’a contraint à arrêter l’alambic quelques jours.
J.-M. Barron a donc profité de cet arrêt de la chaudière pour aller acheter des granulés de bois à la société Durepaire à Verdille pour faire un essai. Bien que cette idée n’avait pas totalement convaincu son père, le jeune bouilleur de cru a remis en route l’alambic en utilisant des granulés de bois et la campagne de distillation s’est terminée avec ce combustible. Pendant 10 jours, l’alambic de la famille Barron a fonctionné aux granulés de bois. J.-M. Barron considère que ce combustible est tout à fait adapté à la distillation moyennant quelques aménagements au niveau de la capacité d’alimentation du foyer : « J’ai constaté très peu de différence avec les granulés de bois. Il n’y a que pour la mise au courant où nous avons mis plus de temps, 4 heures au lieu de 2 heures sans préchauffer les vins. Je pense qu’une modification de la vis d’alimentation devrait permettre de remédier assez facilement à ce problème. Par contre, pendant, les coulages des bonnes chauffes, nous avons effectué les courbes avec la même facilité. Les granulés de bois que nous avons utilisés ont été fabriqués à partir des chutes de bois et de déchets de scieries. Le pouvoir calorifique de combustible est inférieur à celui du charbon. D’après les calculs que j’ai faits on a utilisé environ 150 à 160 kg/hl d’AP de granulés de bois alors qu’avec du charbon on est à 100 kg/hl d’AP. Par contre, les granulés de bois génèrent peu de cendres et de mâchefer. »

D’un point de vue économique, les granulés de bois ont été vendus cette année par les Ets Durepaire sur la base de 200 € TTC/tonne, ce qui situe le coût/hl d’AP à 32 €, soit un niveau déjà inférieur au gaz propane. Au moment de sa fabrication, ce combustible n’excède pas 15 % d’humidité, sinon il ne conserve pas sa structure de petits granulés. En effet, si les granulés de bois se ré-humidient, ils se désagrègent et ne sont plus utilisables. Leur stockage doit être envisagé à l’abri de l’humidité et leur conservation nécessite une certaine surveillance. On peut imaginer que si le débouché des granulés de bois venait à se développer au niveau de la distillation, les fournisseurs pourraient proposer des livraisons en big-bag ou carrément en vrac. J.-M. Barron ne cache pas qu’il a été lui-même surpris par la souplesse d’utilisation de ce combustible : « J’avoue que l’essai des granulés de bois en fin d’hiver est convaincant sur le plan technique et environnemental. La seule transformation à effectuer sur la chaudière concerne le système d’alimentation dans le foyer pour augmenter l’intensité de la combustion au moment des mises au courant. Nous allons faire réaliser cette adaptation à un constructeur local et pour la prochaine campagne, j’espère pouvoir distiller avec 80 % de granulés de bois. Les quantités utilisées sous une chaudière de 25 hl pendant 2 à 4 mois de l’année sont suffisamment importantes pour susciter l’intérêt des fournisseurs et l’effet volume doit permettre de mieux négocier les prix d’achat. L’idée d’utiliser une énergie renouvelable pouvant être produite localement est séduisante. On pourrait même imaginer à plus long terme employer la biomasse de la propriété, les résidus de taillis, les sarments, les vieux piquets… pour produire une partie de ce nouveau combustible de distillation. »

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