La mobilisation des « Bio » vis-à-vis des maladies du bois

9 mars 2009

michel_girard.jpgLa montée en puissance des maladies du bois est devenue une préoccupation de premier plan pour les viticulteurs conduisant leur vignoble en culture biologique de la région et par le biais de l’association Vitibio Poitou-Charentes, plusieurs pistes de réflexion sont actuellement développées. Ces approches concernent la prévention des nouvelles plantations et la validation de procédés innovants ou anciens pour les vignes en place. Cela a débouché sur la mise en place d’une série d’expérimentations à long terme conduites par les Chambres d’agriculture de Charente-Maritime et de Charente.

 

 

L’association Vitibio Poitou-Charentes manifeste depuis plusieurs années un intérêt grandissant vis-à-vis des maladies du bois car les viticulteurs conduisant leur vignoble en bio n’ont jamais eu le droit d’utiliser l’arsénite de soude. Le fait de ne disposer d’aucun moyen de traitement chimique pour bloquer l’évolution de ces maladies ne les a pas empêchés d’explorer de nouvelles pistes pour en réduire le pouvoir de nuisance. Cette situation les a souvent conduits à faire preuve d’une grande motivation dans la mise en œuvre des mesures prophylactiques et d’une ouverture d’esprit pour rechercher de nouveaux axes de réflexion susceptibles de limiter l’apparition de ces maladies dans les plantations nouvelles. Au cours de l’année dernière, l’association Vitibio Charentes a demandé à M. Michel Girard, le conseiller viticole de la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime à Jonzac, de faire un tour d’horizon complet des pratiques de luttes préventives ou curatives qui sont susceptibles d’être mises en œuvre en respectant le cahier des charges de la production biologique.

Protéger les plantations nouvelles

Ce travail de synthèse bibliographique a permis, dans un premier temps, de recenser un certain nombre d’initiatives anciennes et nouvelles, et ensuite d’envisager la mise en place d’essais longue durée dans la région pour essayer de les valider. Sur le plan de la protection des plantations nouvelles, il s’avère que deux pistes d’études préventives sont privilégiées, l’utilisation de certaines souches de Trichoderma pour en quelque sorte réduire la réceptivité des plants de vignes à ces maladies et ensuite le développement des traitements de thermothérapie (traitement à l’eau chaude) pour détruire la présence des champignons dans les greffés-soudés avant leur mise en terre. Des essais de trempage des plants de vignes au moment de la stratification dans une solution de Trichoderma ont été réalisés par le Syndicat des pépiniéristes du Vaucluse et la Chambre d’agriculture de l’Aude. Cette expérimentation récente ne commencera à livrer ses résultats que dans 10 ans, au moment où les vignes issues de ces plants avant une dizaine d’années extérioriseront ou pas des symptômes. En Bourgogne, des essais de badigeonnage des plaies de taille avec des solutions à base de Trichoderma sont conduits depuis plusieurs années avec l’encadrement technique de l’ITV, mais là aussi il faudra attendre avant de pouvoir en tirer des conclusions. Les recherches scientifiques ont permis de confirmer que parmi les deux types de Trichoderma, les T. Harzanium et les T. Atroviridé, seuls les premiers ont une efficacité plus intense vis-à-vis du complexe des maladies du bois. La deuxième approche, qui est la réalisation du traitement à l’eau chaude dans des conditions identiques à celles de la flavescence dorée, a été aussi testée dans le Midi de la France. Les premières conclusions de cette pratique n’apportent qu’une solution partielle puisqu’elle semble efficace vis-à-vis de certains champignons responsables de l’esca (le Chlamidospora) et aussi vis-à-vis du BDA (le Batryospheraeria) mais pas du tout vis-à-vis de l’eutypiose. Au printemps 2005, l’association Vitibio Poitou-Charentes mettra en place dans la région de Cognac deux essais de plein champ, l’un à partir de plants stratifiés dans une solution de Trichoderma et l’autre issu de plants traités à l’eau chaude.

Limiter les voies d’entrées de la maladie sur les souches en place

fente_du_tronc_des_ceps.jpgLes pistes de recherche au niveau des approches de lutte curatives des vignes en place reposent sur la mise en œuvre de mesures prophylactiques, des essais d’injection de Trichoderma et l’évaluation plus précise de procédés comme le perçage et la fente des troncs de souches. L’ITV a mené depuis maintenant plusieurs années des essais d’injection de divers produits chimiques et des solutions de Trichoderma sur des troncs de souches ayant extériorisé des symptômes. L’ensemble de ces pratiques semble décevant et au niveau des Trichoderma l’efficacité est très fluctuante d’une année à l’autre. Le seul moyen fiable d’empêcher l’extension des maladies du bois est de maîtriser toutes les interventions mécaniques sur la souche au moment de sa formation et ensuite durant toute la vie de la vigne. Au moment de l’établissement des ceps, il est conseillé de privilégier les interventions en vert aux coupes hivernales, car le fait de limiter les plaies de taille représente un acte préventif visant à réduire les voies d’entrées des maladies. Un essai de divers modes d’établissements des vignes est mis en place par la chambre d’agriculture de la Charente chez MM. Guy et Jean-Baptiste Pinard, à Foussignac. La finalité à long terme sera de mettre en évidence ou pas l’intérêt vis-à-vis de la réceptivité des plaies de taille aux maladies du bois des interventions en vert lors de la formation des souches en deuxièmes feuilles par rapport à une taille hivernale. Dans les vignes adultes, le respect des courants de sève, le fait de ne pas trop araser les plaies de taille, de laisser des cônes de dépérissement, d’éliminer du bois sec doivent être considérés comme des principes fondamentaux de taille. Les essais de perçage de souches conduits par la Chambre d’agriculture de la Charente depuis 5 ans, dont les résultats s’étaient avérés décevants, seront tout de même poursuivis. La vieille technique de fentes des ceps, dont les bienfaits vis-à-vis de l’esca sont souvent cités dans la bibliographie scientifique, fera l’objet d’une nouvelle étude. Cet été, la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime va mettre en place un essai de fente de souches extériorisant des symptômes d’esca chez M. Eric Berthonnaud, à Germignac. Un essai d’apport au sol de Trichoderma de la souche T. Harzanium sera mis en place en 2005 par la Chambre d’agriculture de la Charente dans le secteur de Chalais. La finalité de cette étude sera de comparer sur une vigne en place l’incidence des Trichoderma sur l’expression des symptômes des maladies du bois.

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