La décantation de 2021 et la préparation de 2022

7 décembre 2021

Une fin d’année civile correspond, pour les domaines et maisons, au chevauchement de deux exercices, entre la fin 2020-2021 et le début 2021-2022. Si les alambics chauffent, les feuilles tombent et la saison de taille se prépare. Cet équilibre est le sel et le savoirfaire des viticulteurs charentais, secondés par les distillateurs de profession – quand ils ne distillent pas eux-mêmes. 

Des prévisions de récolte se confirmant aujourd’hui

Les températures diminuent, les alambics chauffent. Si les caractéristiques des eaux-de-vie 2021 sont encore à définir, certaines tendances se dégagent déjà. Malgré la pression du mildiou, la qualité sanitaire des récoltes était, pour les viticulteurs, plutôt satisfaisante, et même, pour certains, surprenante. Une récompense bien méritée à l’issue d’une campagne éreintante pour les esprits et les corps. Les premiers retours du terrain distillent alors les échos d’une belle qualité des eaux-de-vie de la campagne, témoignage, s’il en est besoin, d’une bonne maîtrise de la matière par les professionnels et du coup de pouce donné cette année par une acidité élevée des vins. Avec une météorologie du millésime 2021 ayant limité les teneurs en alcool au moment des vendanges, mais aussi une grande hétérogénéité des vins, le savoir-faire de l’assemblage des vins joue de toute son oeuvre pour retrouver une homogénéité en degré. Les premières eaux-de-vie sorties des alambics s’avèrent de bonne tenue pour les distillateurs de cru comme de profession. En quantité, les prévisions annoncées par la Station viticole, au début des vendanges, un TAVp entre 8,5 % vol. et 10,5 % vol., et un potentiel de récolte du vignoble de l’ordre de 110 hl/ha se confirment aussi, et la fixation du rendement annuel Cognac à 14,84 hl AP par hectare – dispersion oblige – devrait permettre de satisfaire le besoin, fixé pour la campagne à hauteur de 956 183 hl AP. 

Des niveaux d’autorisations de plantations nouvelles toujours soutenus pour le cognac

Le 15 novembre dernier, les conseils de bassins viticoles « Bordeaux- Aquitaine » et « Charentes-Cognac », mais aussi les comités régionaux Aquitaine et Charentes-Cognac de l’INAO, se sont réunis à Cognac dans le but de valider, entres autres sujets, le niveau d’autorisations de plantations nouvelles demandé respectivement par chaque filière, avant de remonter les chiffres dans les sphères parisiennes (INAO et FranceAgriMer) et dans l’attente de leur ultime validation par le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation. Au titre du bassin viticole Charentes-Cognac, les autorisations de plantations nouvelles sont réparties ainsi : 3 129 hectares pour l’AOC Cognac, 40 hectares pour l’IGP charentais, 35 hectares pour les VSIG et 1 hectare pour l’AOC pineau des Charentes. Dans les régions viticoles attenantes, la Gironde sera limitée à 1,5 hectare pour la plupart des AOC et 1 hectare pour les VSIG ; 100 hectares en AOC de la Dordogne, l’appellation Côtes de Duras et l’IGP Périgord, et 1 hectare pour l’IGP Atlantique. 

Le jour d’après

Les viticulteurs se plongent déjà dans l’exercice suivant, avec la crainte d’une flambée des prix des matières premières. Les investissements comme la simple activité quotidienne s’avèrent de plus en plus compliqués à gérer, pour le carburant, les piquets, les engrais, le gaz, etc., dont les cours grimpent, voire s’envolent pour certaines denrées. Les prochains mois seront à surveiller quant aux coût à l’hectare pour les petits domaines, qui ont davantage de difficultés pour réaliser des économies d’échelle (à moins de se regrouper, pour certains, en CUMA ou sous d’autres formes juridiques). Cette inflation donnera le « la » de l’année 2022 quant aux choix stratégiques d’investissement des domaines viticoles. Seront-ils réalisables en l’état ? Quels ajustements devront-ils réaliser ? Les plantations pourront-elles être toujours aussi soutenues avec l’augmentation des prix des matières premières ? Sans compter la main-d’oeuvre manquante, un des sujets clés de la mandature actuelle de l’interprofession. Ce surcoût des matériaux et la recherche d’employés seront les deux piliers sur lesquels les exploitations devront oeuvrer pour l’année à venir 

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