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L’Esprit « VIF »

5 mars 2009

Le syndicat de métier fêtera ses vingt ans en 2007. Contrat rempli pour les VIF de Charentes qui ont su créer un noyau solide de viticulteurs, regroupés autour d’intérêts communs mais aussi par une vision partagée de leur activité.

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Jean-Noël Collin, président des VIF Charentes.

Sous l’amicale pression de ses collègues, Jean-Noël Collin a accepté de prolonger d’une année supplémentaire son mandat de président. Mais il a prévenu, ce sera la dernière. Présent à la fondation de la fédération en 1987, il a intégré le bureau dès 1988 et depuis 1992 monte régulièrement à Paris au siège national des VIF. « Je commence à fatiguer » a t-il avoué en toute simplicité. Il a invité les jeunes à prendre la relève. Avec 80 adhérents en 2005, la Fédération des vignerons indépendants des Charentes fait preuve d’une remarquable stabilité. Par rapport aux débuts, le chiffre n’a guère varié. Longtemps, les vignerons indépendants ont rêvé de doubler leurs effectifs : « si chacun parrainait un nouveau vigneron… » Aujourd’hui, sans avoir totalement abandonné leur ambition de départ, les VIF admettent que leur nombre correspond à un niveau d’étiage. « On en perd deux, on en gagne trois. » L’embellie du Cognac pouvait faire craindre une chute des adhésions. La baisse s’est à peine vérifiée. « Elle a pu jouer à la marge pour des membres qui avaient débuté la vente directe il y a deux ou trois ans et n’avaient pas encore décollé. Mais elle ne touche pas ceux qui ont trente ans de métier. »

D’ailleurs les VIF ne sont pas persuadés que l’augmentation des ventes de Cognac profite tellement à la viticulture. « Bien sûr que les achats d’eaux-de-vie sont plus importants et nous ne pouvons que nous en réjouir. Mais de tout temps en Charentes le partage des parts du gâteau fut inégal et le phénomène ne fait que s’amplifier. » « Nos collègues des autres régions nous disent souvent : “Alors la crise en Charentes, c’est finie ! Deux produits tirent leur épingle du jeu, le Champagne et le Cognac.“ Sauf qu’en Champagne, le revenu d’un ha de vigne est dix fois plus élevé qu’en Charentes. » Vendant surtout en France et sur l’export proche, les vendeurs directs ne sont pas forcément les mieux placés pour profiter de l’appel d’air du Cognac sur les marchés lointains. Ceci étant, les ventes bouteilles restent un élément de revenu indispensable pour certaines exploitations ou certains crus. « Sans cela, on ne pourrait pas s’en sortir. »

Même constat dans d’autres régions : « les vignerons indépendants s’en sortent mieux que d’autres ». Et le président des VIF Charentes de prendre l’exemple de vignobles particulièrement touchés par la crise comme le Beaujolais, le Languedoc ou Bordeaux.

des avancées considérables

La réforme des Douanes, au cœur du métier de vendeur direct, s’est plutôt mieux passée que prévu, de l’aveu même des intéressés. Des avancées qualifiées de « considérables » ont même eu lieu, comme la possibilité de demander la licence de foire dans sa propre circonscription alors qu’auparavant, il fallait la récupérer sur le lieu de la foire le jour ouvrable. Si la foire se tenait un dimanche, le viticulteur devait arriver le vendredi et repartir le lundi. Simplement, il convient d’anticiper la demande, pour que les Douanes aient le temps de transmettre l’information à leurs collègues. L’acquittement des droits se fait à partir de la DRM (déclaration récapitulative mensuelle) de fin de mois. Un autre progrès substantiel tient aux capsules congés applicables au Cognac comme au Pineau des Charentes. Le vendeur direct qui part livrer ses produits n’a plus de papier à remplir (DCA) ni à se préoccuper de savoir ce qu’il emporte et retourne. Par contre, il doit se montrer très scrupuleux dans la tenue de sa comptabilité matière. Les capsules congés représentent des valeurs très élevées et les Douanes y regardent de près. Autre avantage lié aux capsules congés : le paiement des droits ne se fait qu’à l’issue de la vente (sorties de février payées en mars).

La défense du métier de vigneron indépendant, les informations sur la réglementation, les conseils, la formation font partie des missions du syndicat. Un aspect plus matériel concerne les achats groupés de matières sèches (étuis, pochettes…) ou le service rendu à l’adhérent, comme le repiquage d’étiquette (une machine existe au bureau de la fédération).

La cotisation 2007 de la fédération augmente de 3 %. Elle se compose comme toujours de trois parties : cotisations à la fédération départementale (de 200 à 267 € selon la surface), à l’échelon national (montant forfaitaire de 85 €) et participation aux salons des VIF (35 €). Ces derniers sont au nombre de huit : Strasbourg, Bordeaux, Rennes, Paris Printemps, Lyon, Reims, Lille, Paris Automne. Comme lors de la précédente édition, les VIF seront présents au salon Vinitech de Bordeaux.

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