François-Jérôme Prioton : UGVC, mieux organiser le débat

24 juillet 2012

L’ancien président du SVBC (2008-2011) estime que le débat d’idées « du bas vers le haut » au sein de l’UGVC mériterait d’être mieux organisé. « Il y avait des outils à mettre en place. La naissance d’une nouvelle structure en était l’occasion. » C’est la principale critique adressée par F.-J. Prioton à une formation qui lui a concédé une place restreinte dans l’organigramme régional.

Dire que François-Jérôme Prioton a disparu des écrans radars serait peut-être exagéré. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, il occupe un strapontin dans l’organisation générale de la région et plus spécialement à l’UGVC, formation qu’il a contribué à créer. Il fut le président du SVBC de 2008 à 2011. « Une charge assez lourde » indique-t-il. Aujourd’hui, il est membre du conseil d’administration du syndicat viticole et membre de l’ODG Cognac. Une visibilité « a minima », compte tenu de ses responsabilités antérieures. Au moment de la distribution des postes, en 2011, il a eu la nette impression d’être mis sur la touche. « Au poste de secrétaire général du syndicat, on nous avait laissé un fauteuil pour deux. J’ai préféré que Stéphane Roy l’occupe. Son engagement et ses convictions en font “le meilleur d’entre nous”. Je n’envisageais pas l’UGVC sans que Stéphane ne fasse partie des instances dirigeantes et ne siège pas au comité permanent de l’interprofession. » Un peu plus tard, au sein de l’UGVC, F.-J. Prioton se serait bien vu référent bouilleur de cru. Un poste qui l’intéressait. Mais on lui a préféré un autre viticulteur, Xavier Laval.

Aujourd’hui, le viticulteur du Rouillacais n’est pas dans le ressentiment. « J’ai toujours été un homme de convictions et de principes. Tirer la couverture à soi n’est pas dans mon état d’esprit. Et puis, il y a de multiples façons de se faire entendre. » Par contre, il ne lui déplaît pas d’exprimer « quelques points de désaccords » avec l’UGVC. Le plus fondamental sans doute tient à l’organisation des débats. « Au SVBC, nous avons toujours accordé beaucoup d’importance au débat d’idées. Je pensais que la création de l’UGVC serait l’occasion d’envisager les choses de manière totalement nouvelle ; que le débat parte du bas pour remonter vers le haut. Mais cette façon de faire réclame un travail très particulier. Il y a des outils à mettre en place. Or, jusqu’à présent, je n’en vois pas trace. »

Le conseil d’administration du syndicat se compose de 54 délégués. « Quand nous sommes rentrés dans la salle, la première fois, il n’y avait pas assez de sièges pour tout le monde » décoche, un brin mordant, le viticulteur. Cette « jauge » hypertrophiée ne lui semble pas la meilleure manière de conduire les discussions. « C’est une gageure. Gérer un conseil d’administration de 54 membres est extrêmement complexe. Je ne blâme pas Christophe Forget. Il fait du mieux qu’il peut. » Ce qui ne l’empêche pas de dénoncer de vieilles pratiques où le syndicat « mouline » du haut vers le bas. « Au SVBC, nous avions essayé d’inverser le cours des choses. »

Sur les dossiers en cours, François-Jérôme Prioton n’a pas varié dans ses opinions. Il reste un fervent du Pape. « Je crois qu’il existe un malentendu. Beaucoup de gens pensent que le Pape charrie des arrière-pensées, qu’il est le cheval de Troie de la libéralisation. Or, c’est le contraire. Le Pape est un instrument conçu pour s’opposer à la dérégulation. » Il parle des relations « exemplaires » entretenues par la viticulture et le négoce. Il y voit volontiers une spécificité charentaise. « La viticulture n’a pas à dire oui à tout mais elle n’a pas non plus à faire de l’obstruction systématique. » La représentation de la viticulture par collèges – l’étape que l’UGVC est en train de mettre en place – lui semble « une belle et bonne idée ». Preuve que François-Jérôme Prioton ne désespère pas de son syndicat.

 

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