Flavescence dorée : Prospecter pour éliminer le réservoir infectieux, c’est efficace à 100%

27 août 2019

Repérer et  détruire les souches infestées, un combat stratégique

 

            La recherche systématique des symptômes de Flavescence Dorée est l’intervention viticole indispensable pour obtenir un état des lieux précis du risque sanitaire annuel au sein 80 000 Ha de vignes de la région. Faire disparaître l’agent infectieux de cette maladie sournoise et incurable est la priorité des priorités.  La recherche des souches infectées et ensuite leur arrachage sont les seuls moyens pour éviter tout risque de nouvelles contaminations. Il n’existe aucune autre solution pour éradiquer ce fléau. Dans quelques semaines, une vaste mobilisation collective va-être mise en œuvre pour donner le top départ des prospections 2019 avec des rendez-vous dans les vignes incontournables pour tous les viticulteurs.

La Flavescence Dorée est une maladie de quarantaine incurable grave qui fait l’objet d’une réglementation précise encadrée par les services du ministère de l’agriculture. Chaque souche porteuse de l’agent responsable de la Flavescence Dorée est « condamnée à mort » à une échéance assez courte. Durant leur phase  de survie, tous les ceps infestés représentent une source de contamination du potentiel infectieux pour l’environnement proche.  C’est le principal facteur de dissémination de la maladie dont les conséquences peuvent s’avérer dévastatrice. Aucun moyen de lutte curatif n’existe pour éliminer le phytoplasme de la Flavescence Dorée, une fois que celui-ci a pénétré dans les souches. Le seul moyen véritable d’éradiquer définitivement la présence de la maladie est de supprimer la source d’inoculum infectieux en arrachant tous les ceps contaminés. Cet objectif représente la priorité de l’organisation de la lutte contre la Flavescence Dorée. Le repérage des symptômes extériorisés par les ceps malades chaque année à partir de la mi-août l’est une intervention viticole capitale.

Ne pas prospecter engendre une situation «de faille sanitaire»

 

            La réalisation des prospections de symptômes est véritablement le pilier de la lutte car leur présence ou leur absence déterminent toute l’organisation ultérieure pour combattre la maladie. Ne pas savoir si la Flavescence dorée est présente à l’échelle, d’une propriété, d’une commune et d’un territoire viticole crée une situation de « faille sanitaire » dans l’organisation de la lutte. Cela engendre des conséquences  toujours fortes à titre individuel et aussi pour tous les autres viticulteurs. Il suffit d’un seul « trou dans la raquette » au sein des zones prospectées pour que cette maladie sournoise et toujours latente s’y engouffre. La localisation précise des sources d’inoculum et ensuite leur destruction (par l’arrachage) sont vraiment des priorités. 5 pieds infectés non repérés en 2019 vont se transformer en 40 souches porteuses de la maladie en 2020 et en 300 en 2021. Toute absence de prospections annuelles laisse à la maladie la capacité d’exprimer sa nuisance de façon puissante.

 

La lutte insecticide, une fausse << bonne >> solution 

           

            Penser que l’on peut endiguer de façon durable la Flavescence Dorée en ne réalisant uniquement que la lutte insecticide contre le vecteur, la cicadelle de la F D, n’est en fait « qu’une fausse bonne solution ». Ce n’est qu’un moyen partiel de la lutte qui s’avère insuffisant pour faire disparaître le potentiel de contamination présent dans les parcelles. Cela permet seulement de limiter la dissémination de  la maladie mais les agents contaminants restent toujours présents dans les souches. D’ailleurs depuis 25 ans, le taux couverture insecticide fort dans le vignoble de Cognac a mis en évidence les limites de cette pratique. L’élimination du vecteur de la maladie est importante mais ne représente pas le pilier Numéro 1 de la lutte. D’ailleurs, le principe de la lutte insecticide obligatoire et systématique à l’échelle de l’ensemble du vignoble ( à deux ou trois traitements)  est un sujet de préoccupation pour les viticulteurs  de plus en plus soucieux des enjeux environnementaux.

 

La couverture insecticide maintient en vie les phytoplasmes des souches contaminées

 

            En n’effectuant que la couverture insecticide, l’inoculum infectieux présent dans les souches contaminées au sein des parcelles demeure toujours  actif.  Les phytoplasmes de la F D peuvent continuer leur cycle de développement dans les souches contaminées pendant  une période assez longues ( de plusieurs années) jusqu’à ce que celles-ci meurent. Cet intervalle de temps impossible à maîtriser représente une source permanente de contaminations potentielle permanente pour l’environnement proche. Un simple incident de pulvérisation (bouchage de buses, sous-dosage, moindre efficacité suite à l’emploi des mêmes matières actives, erreur ou oubli de passage dans quelques rangs) peut favoriser l’expansion et le redémarrage de la maladie. Dans les périmètres de lutte obligatoire (contaminées ou proches de zones contaminées), la lutte insecticide s’avère souhaitable, doit être effectuée, encadrée mais ne représente qu’un moyen complémentaire pour  valoriser les travaux de prospection. Elle ne devient pleinement efficace que lorsque les souches contaminées sont identifiées et surtout arrachées.

 

Eliminer le réservoir de phytoplasmes, l’acte majeur de la lutte

 

            Le pilier Numéro 1 de la lutte repose sur l’élimination des souches contaminées et porteuses de l’agent infectieux, le phytoplasme de la FD. Comme les symptômes apparaîssent en général qu’à partir de la mi-août (dans une période de travaux creuse), leur recherche jusqu’au début des vendanges doit être mise en œuvre sous la forme de prospections. La réalisation des prospections de symptômes de flavescence dorée est une intervention viticole noble, incontournable qui doit faire partie du calendrier des travaux habituels de fin d’été de toutes le spropriétés. Est-ce réellement un travail lourd à réaliser ? La réponse est non car en fait, investir une heure pour parcourir à pied l’ensemble des rangs d’un hectare de vignes larges n’est pas fastidieux. Par contre, le caractère répétitif de l’observation du feuillage des rangs mobilise beaucoup d’attention.

 

Aucun moyens de lutte curatif vis à vis du phytoplasme


            La
Flavescence dorée est une maladie de quarantaine (Directive Européenne 2000/29/CE) particulièrement contagieuse chez la vigne. Elle peut être à l’origine de fortes pertes de récolte et compromet la pérennité des vignobles.
Elle est causée par le phytoplasme de la Flavescence dorée : une petite bactérie sans paroi de la classe des Mollicutes. Sa transmission s’effectue par un insecte vecteur, la cicadelle Scaphoideus titanus et aussi par le greffage.
En tant que maladie de quarantaine, la Flavescence dorée fait l’objet d’une lutte réglementée et obligatoire.

 

 Une maladie incurable une fois installée dans les souches

 

La particularité de cette maladie est d’être incurable dans les vignes en place, du fait de l’inexistence de moyens curatifs de destruction des phytoplasmes dans les tissus végétaux vivants. Les seuls moyens de lutte existants sont l’arrachage des ceps contaminés et l’utilisation d’insecticides dirigés contre l’insecte vecteur. Les phytoplasme se conservent dans les sarments des vignes mères destinées au greffage mais heureusement le traitement à l’eau chaude permet de détruire ces micro-organismes

 

La Conservation et les réservoirs à phytoplasmes

 

Le phytoplasme de la Flavescence dorée stricto sensu se multiplie dans les vaisseaux transportant la sève élabore, le phloème. Leur obstruction progressive provoque l’apparition des symptômes sur les feuilles, les grappes et les sarments. La maladie est transmise par un vecteur,   la cicadelle Scaphoideus titanus  qui vit uniquement sur les Vitis. Le caractère inféodé de la cicadelle fait que la maladie est très épidémique pour cette culture.
           

Transmission, dissémination

Le phytoplasme de la Flavescence dorée est transmis par l’insecte vecteur qui par ailleurs, ne présente aucune nuisibilité pour la vigne. Le vecteur se contamine lui-même en piquant pour se nourrir des vaisseaux du phloème d’une plante malade.

             L’insecte n’est pas immédiatement infectieux mais il le devient au bout d’une période de latence durant environ 30 jours. Les phytoplasmes doivent effectuer un cycle de développement dans le corps de l’insecte avant d’être à nouveau transmis. Ils circulent et se multiplient dans son corps en traversant tout d’abord la paroi de l’intestin, gagnent ensuite l’hémolymphe, atteignent divers organes dont les glandes salivaires. À partir de ce moment-là, ils peuvent être injectés dans une nouvelle plante lors d’un repas de l’insecte.

            A l’issue de cette période d’ « incubation », l’insecte infectieux  reste en vie mais n’est pas en mesure de transmettre les phytoplasmes à sa descendance. Il disséminera le phytoplasme de la FD au cours de ses vols et contaminera des plantes saines. L’organisme, injecté dans le phloème de la plante, s’y multiplie et s’y pérennise durant toute la vie du cep jusqu’au moment ou il entraîne sa mort.
            En absence de lutte, la maladie se propage de proche en proche sous la forme de taches qui s’agrandissent à partir d’un foyer primaire d’une année à l’autre.
La maladie est également transmissible suite au greffage de plants contaminés.
En effet, l’utilisation des bois issus de vignes mères contaminées est une cause de transmission de la maladie. Un volet important spécifique de la lutte concerne les vignes mères de porte-greffes et de greffons.  Le traitement à l’eau chaude  des boutures de greffons, de porte greffe et même des greffés soudés est un moyen pleinment  efficace de détruire les phytoplasmes présents dans les bois.
                                  

 

Ne pas hésiter à ré-actualiser ses connaissances de prospecteur chaque année

 

            Prospecter est un travail aussi prioritaire que la taille des vignes en hiver. Cela demande des compétences pour que « l’œil » du prospecteur ait bien mémorisé les symptômes. La bonne reconnaissance des divers symptômes est la clé de voûte de la réussite des prospections. Pour les cépages blancs, les risques de confusion avec d’autres maladies ou affections (début d’Esca, chlorose, dégâts d’herbicides, symptômes de sécheresse, …..) sont possibles pour des prospecteurs débutants. D’une façon générale, les viticulteurs connaissent moins bien cette maladie que le mildiou en raison de son apparition récente en Charentes depuis seulement 25 ans. Sa présence très locale, très diffuse dans les parcelles et seulement pendant un intervalle de temps de quelques semaines la rend aussi plus difficile à repérer. On ne peut que conseiller à tous les prospecteurs de prendre le temps chaque année de suivre une petite formation de 2 heures pour réactualiser leurs capacités de reconnaissance des symptômes. L’équipe de techniciens des deux chambres d’agriculture de Charente et de Charente Maritime organise plusieurs réunions dans des parcelles infestées pour visualiser des symptômes et la dynamique de la maladie.

 

Les réunions 2 019 d’observations et de visualisation des symptômes :

 

– Charente : – vendredi 6 septembre à 14 heures dans un lieu à définir

– Vendredi 13 septembre à 9 h 30 dans un lieu à définir

– Contacts et inscriptions : Chambre d’agriculture de Charente : 05 45 36 34 13

 – Charente Maritime :

– mercredi 4 septembre à 9 heures et à 14 heures dans un lieu définir

– Contacts et Inscriptions : Chambre d’agriculture de  Charente : 05 45 36 34 13

 

Prospecter quand les symptômes  sont bien extériorisés

 

            Au sein de foyers de fortes intensités, l’importance de l’état de dégradation de la végétation et l’ampleur des surfaces touchées sur 50, 100, …  souches dans un même endroit rendent forcément visibles la défaillance de plusieurs fractions de rangs contigus. Par contre, en présence de foyers peu virulents, récents ; les symptômes sont moins denses, plus diffus et leur repérage nécessite un investissement de recherche plus fort des prospecteurs. L’identification des souches isolées s’avère surtout difficile en début de saison et l’idéal est de réaliser les prospections à partir du moment ou les symptômes s’extériorisent pleinement. L’observation sérieuse avant chaque « campagne de prospection » d’une parcelle infestée représente une formation accélérée idéale pour tous les prospecteurs. Les aspects foliaires décolorés et gaufrés caractéristiques associés au dessèchement de grappes et au non-aoûtement des sarments sont des marqueurs nets de la présence de la maladie. La reconnaissance des symptômes peut s’avérer plus difficile quand on réalise les prospections seul. Les risques de confusion avec d’autres maladies et affections sont aussi  plus fréquents quand on n’a jamais vu de symptômes de Flavescence Dorée.

 

Un objectif ambitieux de prospecter 80 à 85 % des surfaces en 2019

 

            La mise en œuvre des prospections nécessite de la rigueur pour à la fois acquérir de bonnes capacités de reconnaissance et surtout pour parcourir d’une façon exhaustive toutes les surfaces. L’extériorisation des symptômes durant les quatre ou cinq semaines précédant les vendanges est une spécificité à laquelle il faut s’adapter pour organiser « la chasse aux symptômes ». Les retours de fiches prospections des automnes 2017 et 2018 ont permis de quantifier qu’environ 72 à 73 % de la surface totale du vignoble avait été prospectée. Un tel niveau de prospection atteste à la fois de la réussite de stratégie de lutte mise en œuvre par le groupe technique régional Flavescence dorée et aussi de l’implication d’une majorité de viticulteurs. Le souhait des professionnels et de tous les techniciens  est de créer une émulation encore plus importante en 2019 pour que pourquoi pas 80 à 85 % des surfaces soient prospectées. C’est une ambition forte mais essentielle pour avoir une vision encore plus juste de l’état sanitaire de l’ensemble de la région de Cognac.

 

Passer à pied dans les rangs et observer une seule face de feuillage

 

            Des moyens conséquents vont être déployés cet été pour sensibiliser viticulteurs à réaliser plus de prospections et aussi les aider à les effectuer le plus sérieusement possible. La qualité du travail de prospection est la clé de «voûte » de tout le dispositif de lutte. Prospecter est un travail simple, très sérieux qui nécessite une bonne connaissance de la maladie et une attention soutenue. L’idéal est de passer dans toutes les allées de préférence à pied en concentrant l’exploration que sur une seule face de rang. De nombreux retours d’expériences mettent en évidence que vouloir observer deux côtés de rangs en un seul passage engendre des effets de fatigues plus importants. La répétitivité du travail d’exploration du feuillage engendre forcément une perte d’attention au fil des heures. Le fractionnement du travail de prospection sur des séquences de seulement une demi-journée est un moyen simple d’éviter ces problèmes.

 

Les prospections collectives toujours plus efficaces

 

             Dans les propriétés importantes, le fait de réaliser des prospections collectives avec 3, 4, 5 personnes qui parcourent ensemble les rangs d’une même parcelle s’avèrent toujours bénéfique. Réaliser ce travail à plusieurs crée une certaine émulation, facilite le partage des connaissances et rend  la validation des observations plus facile en cas de repérage de ceps infestés isolés. D’une manière générale, les techniciens considèrent que les prospections collectives à l’échelle de communes entières ou de groupes de viticulteurs informels sont le moyen le plus rationnel d’aborder les prospections. Cela nécessite un certain d’esprit d’ouverture mais en contrepartie, le travail de prospection s’en trouve facilité.

 

6 zones d’animations prioritaires « passées au crible»

 

            L’un des axes forts l’organisation de la lutte concerne le déploiement de moyens d’animation bien structurés sur 6 zones prioritaires. Elles représentent un potentiel de surface de 15 755 ha réparti dans 62 communes en Charente et en Charente Maritime. Ce sont généralement des communes situées dans le PLO (Périmètre de lutte Obligatoire) ou limitrophes dont le choix a été motivé par le manque de visibilité de la situation sanitaire. Les chambres d’agriculture de Charente et de Charente Maritime ont la charge d’animer ces actions. Manon Catania et Coralie Lachenal, les deux techniciennes viticoles de ces deux organismes encadrent chacune 3 animateurs ou animatrices qui  organisent et participent aux demi-journées de prospection collectives à partir du 25 août prochain. Dans toutes communes de chaque zone, un, deux ou trois rendez-vous sont programmés en fonction de la surface de vignes à prospecter. Le programme des demi-journées de prospections collectives déjà établi (publié dans les pages XX àXY) commence par une information sur la maladie, éventuellement une visite d’une parcelle infestée et ensuite la réalisation des prospections collectives. L’objectif est d’atteindre un taux de prospection d’au moins 85 % dans les 6 zones prioritaires.


 Les zones d’expérimentation de l’aménagement de la lutte insecticides démontrent leur intérêt


            Depuis quelques années, les responsables du groupe technique ont décidé de mettre en place des dispositifs d’expérimentation  d’aménagement de la lutte insecticides dans le cadre de stratégies définies et encadrées par La FREDON et le SRAL de Nouvelles Aquitaine. L’initiative commencée discrètement en 2016, puis poursuivie en 2017 et en 2018 connaît un certain développement cette année. La finalité de ce travail est de mettre en place une stratégie raisonnée de pilotage des traitements insecticides fondée sur la présence réelle des larves et des papillons adultes de cicadelles de la FD. Le bien-fondé de ces démarches a été testé depuis maintenant trois ans. D’une manière générale, les résultats des captures de larves et d’adultes (1 piège pour 30 ha) ont permis à la fois de positionner plus efficacement les dates de traitements et surtout de pouvoir se passer de la troisième application sans prendre de risque.

 

S’appuyer sur des données locales pertinentes pour traiter juste et moins

 

Cette année, les deux animatrices, Mélissa Gecchelle et Camille Pondaven ont mis en place 7 zones d’aménagement de la lutte insecticide dans les deux départements. En Charente, cela concerne, les secteurs de Châteaubernard (193 ha et 8 pièges), de Juillac-Le-Coq (935 ha et 33 pièges), de Merpins (194 ha et 10 pièges) et de Triac-Lautrait (207 ha et 10 pièges). En Charente Maritime, l’expérimentation concerne les zones de Saint Léger (121 ha et 8 pièges), de Saint-Maigrin (422 ha et 17 pièges) et celui d’un projet de territoire sur Chenac ST-Seurin d’Uzet, Barzan et Epargnes couvrant 1 000 ha. Dans toutes ces zones des prospections collectives de symptômes vont être organisées en ayant l’objectif minimum d’atteindre un niveau d’exploration du territoire de 85 %. Le travail nécessaire au comptage larvaire et au suivi des pièges d’adultes dans toutes ces zones fera l’objet d’une analyse technique et économique fine afin d’en apprécier la « faisabilité »  à une plus large échelle. De telles organisations reposent sur la mise en œuvre de compétences techniques au cœur des territoires de lutte qui débouchent sur des données pertinentes permettant de raisonner de façon fiable le pilotage à l’échelle locales de la couverture insecticide.

 

Le pari des pièges connectés pour suivre des vols de ciccadelles

 

            Les expérimentations d’aménagement de la lutte insecticide mobilisent des moyens humains importants pour le suivi des nombreux sites de piégeages des cicadelles adultes. L’implantation de chaque piège permet d’apprécier les populations sur seulement 30 ha de vignes. La multiplication du nombre de site piégeages et des déplacements pour avoir un état des lieux des captures deux fois par semaine représente une charge de travail importante. Cela peut constituer un frein pour un déploiement plus large des stratégies de raisonnement locales du pilotage des traitements insecticides. Or, l’étude des pièges connectés de cicadelles adultes de la Flavescence Dorée engagée depuis trois ans en Charentes pourrait à terme apporter une solution automatisée pour relever les captures à distance. Ce projet imaginé et développé par les responsables du groupe techniques régional Flavescence Dorée semble être passé du stade d’idée utopique à une presque réalité.

 

Une technologie porteuse de réels espoirs

 

            La Société Advencsee a relevé ce défi et développé des produits qui sont testés dans la région depuis trois ans. Laëtitia Sicaud, l’animatrice FD de la Station Viticole du BNIC suit l’évolution des différents pièges connectés e-Gleek de cette entreprise depuis 2017. Leur principe est de photographier à intervalle régulier la planche chromatographique de capture des insectes et de transmettre les images à un serveur via un émetteur GSM. Ensuite un algorithme de reconnaissance serait en mesure de déclencher automatiquement une alerte si la  présence d’insecte est détectée. Après des premiers tests de fonctionnalité encourageant en 2017, la validation de l’algorithme de reconnaissance a commencé en 2018 avec des résultats plutôt intéressants. Cette année, 18 pièges e-Gleek de nouvelles génération seront suivis par l Sicaud dans toute la région de Cognac. 2019 va sûrement être l’étape de validation finale de cette nouvelle technologie. Il n’est donc pas illusoire de penser que la gestion de la lutte insecticide dans les zones régulièrement bien prospectées de pourrait évoluer dans les années à venir.
                                  

 

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