Planète Village

24 février 2009

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Marie-Paule Guilloton, maire d’Ars.

Cela s’appelle faire d’une pierre deux coups : revitaliser les villages et aider à sauver la planète. L’association « Notre village, Terre d’avenir » labellise les communes rurales qui s’engagent dans une démarche de développement durable. Ars, en Charente, fait partie des douze premiers villages français labellisés par l’association. Explication du maire, Marie-Paule Guilloton.

 

C’était en 1992. Charles Ceyrac, frère de François, président du CNPF de 1972 à 1981, lance un cri d’alarme. « Nos villages sont en danger ! » Maire d’une commune rurale de 382 habitants, Collonges-la-Rouge en Corrèze, Charles Ceyrac sait de quoi il parle. Son département fait partie des zones rurales les plus reculées : population vieillissante, fermeture d’écoles, de services publics, fuites des artisans, des commerçants. Alors que les 32 000 maires ruraux (communes de moins de 2 000 hab.) gèrent 80 % du territoire, les aides à l’aménagement sont largement déviées vers les zones urbaines. Plutôt que de « colloquer » à l’infini sur le sujet, Ch. Ceyrac et ses collègues élus ruraux choisissent de créer une association, « SOS villages », comme ils avaient déjà été à l’initiative de l’association « Plus beaux villages de France ». SOS villages contribuera entre autres au développement du concept de « multi-services » en milieu rural, en mettant en relation candidats à l’ouverture de commerces et communes. L’engagement de Marie-Paule Guilloton remonte à cette époque. Le maire d’Ars se souvient pourtant de l’AG de 2003 à Bellefontaine, dans la Manche, comme d’un acte fondateur. L’association décide de prendre un nouveau virage. Le vice-président Paul Reynal, maire d’Ayen en Corrèze, propose d’abandonner le vocable « SOS villages », trop connoté « appel au secours » pour un message plus positif : « que le milieu rural prenne son destin en main ! » Pour cimenter le projet, une cause s’impose d’évidence, le développement durable.

développement durable

En 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio, la France s’était engagée à adopter et à mettre en œuvre des Agendas 21 locaux, une promesse restée plus ou moins lettre morte. Par Agendas 21, il faut entendre un programme d’actions pour le 21e siècle. La démarche repose sur cinq finalités : lutter contre le changement climatique et protéger l’atmosphère – préserver la biodiversité et les milieux naturels – contribuer autant que faire se peut à l’épanouissement de tous les êtres humains – développer la cohésion sociale et la solidarité entre territoires et générations – privigélier une dynamique de reunion.jpgdéveloppement responsable. Noyau de base de la vie en collectivité, au contact de la nature, le village rural n’a-t-il pas une carte à jouer dans le développement durable ? L’idée prend forme et va être littéralement portée par le nouveau président de l‘association, Pascal Coste, ancien n° 1 du CNJA. Avec l’appui plein et entier du ministère de l’Ecologie et du Développement durable (MEDD), l’association va travailler à la création d’un label. Une entreprise qui mettra trois ans à se concrétiser. « En 2003, nous sommes partis sans trop savoir où nous mettions les pieds. Nous avions tout à inventer » note M.-P. Guilloton. Il faut d’abord bien se mettre d’accord sur le sens de « développement durable ». Pour les maires ruraux, il n’y a pas d’ambiguïté : il s’agit d’un système global associant de manière interdépendante développement social, économique et environnemental. Surtout, l’association « place l’homme au cœur de ce système global ». Reste ensuite à construire les bons outils d’analyse et de fonctionnement. L’association se dote d’une charte, c’est-à-dire d’un cahier des charges de labellisation spécifique, en fonction des missions qu’elle s’est assignées et des moyens dont disposent les territoires ruraux. L’Agenda 21 en milieu rural n’est pas interchangeable. Il colle à une réalité de terrain. Dans chaque commune, la mise en musique de l’Agenda 21 local relèvera d’un comité de pilotage, constitué de personnes « autres que les élus ». C’est le volet « démocratie vivante » de l’opération. Le comité de pilotage se décompose en autant d’ateliers que de grandes têtes de chapitre, développement économique, cohésion sociale, protection de l’environnement… Dans chaque atelier, des membres volontaires débattent des actions à mener, organisent des allers-retours avec la population, recueillent les avis à travers une grille d’évaluation. Par ailleurs, l’association recrute un auditeur national, chargé de relever dans chaque commune candidate les points forts et les points faibles. En 2005, dix communes acceptent « d’essuyer les plâtres » et se porter volontaires pour l’obtention du label « Notre village Terre d’avenir ».

 

 

douze premiers villages

Le 3 juin 2006, une grande réunion à Ars officialise et explicite l’évolution de l’association. Symboliquement, cette dernière troque son nom de « SOS Villages » pour celui de « Notre village ». Le 23 novembre 2006, à l’occasion du 89e congrès des maires et des présidents de communautés de communes, les douze premiers villages* engagés dans une démarche de développement durable reçoivent le label « Notre Village, Terre d’Avenir » des mains de Nelly Olin, ministre de l’Ecologie et du Développement durable. D’autres villages sont en cours d’évaluation, notamment dans les départements de l’Aude, de la Charente, de Corrèze, du Lot et de Corse. Plus que l’espoir de glaner quelques subventions supplémentaires, Marie-Paule Guilloton parle d’un état d’esprit qui se met en place. « Pour nous élus, il s’agit d’une aide à la gouvernance, un aiguillon, une piqûre de rappel, une somme d’obligations librement consenties. Les relations d’un maire avec sa commune s’en trouvent changées. A l’éclairage du développement durable, nous cherchons à rendre la vie meilleure à nos concitoyens. C’est une démarche de respect de la vie. »

 

* Ars (Charente), Ayen (Corrèze), Bellefontaine (Manche), Beynat (Corrèze), Entremont (Haute-Savoie), Montambert (Nièvre), Oingt (Rhône), Saint-Jean-d’Alcapies (Aveyron), Saint-Méloir-des-Bois (Côtes-d’Armor), Sanry-lès-Vigy (Moselle), Sauveterre-de-Rouergue (Aveyron), Villeneuve-sur-Vère (Tarn)

Maire d’Ars, Marie-Paule Guilloton est également présidente de la commission environnement/cadre de vie à la communauté de communes de Cognac. Dans ce cadre, elle a notamment porté le dossier marais.

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