Destination Cognac, le toursime, allégorie de la réforme territoriale

4 novembre 2016

Après le redécoupage des grandes régions, effectif (La Nouvelle Aquitaine), c’est au tour des Communautés de communes de se mettre à la page, pour se couler dans la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République). Ainsi le 1er janvier 2017, les quatre Communautés de communes de Grande-Champagne, Chateauneuf, Jarnac et Cognac disparaîtront pour se fondre dans une nouvelle entité, la Communauté d’agglomération Grand Cognac. Et le tourisme là-dedans ? « Cognac va-t-il tout avaler ? » Début de réponse.

 

 

Enchâssée dans ses coteaux viticoles, Lignières-Sonneville est l’incarnation même de la pépite, facilement oubliable mais tellement séduisante. Un château du 17 ème, belle construction symétrique dotée d’un toit à la Mansard, l’un des premiers construits dans la région ; une église du 13 ème siècle censée dégager une impression de roman saintongeais mais qui, en fait, est gothique ; la petite maison du lin, musée dédié au rouissage du lin, une ancienne activité locale. Bref ! Lignières est typiquement un endroit à découvrir. Son seul défaut ! Etre loin des axes passagers. S’arrêtera-t-on demain à Lignières quand l’ex OT de Grande Champagne (comme ses homologues de Chateauneuf et de Jarnac) sera devenu un BIT (bureaux d’information touristique) et que seule la ville Cognac sera gratifiée du label « Office de tourisme » ? Évidement, la question trotte dans la tête de tout un chacun. Et même un peu plus que ça. Aujourd’hui, la Communauté de communes de Rouillac ne souhaite pas rallier la Communauté d’agglomération Grand Cognac (pour des raisons qui ne tiennent pas uniquement au tourisme bien sûr).

 

 

Alors, quand en début d’été, l’Office de tourisme de Grande Champagne a tenu son avant-dernière AG à Lignières – la dernière étant l’AG de dissolution en fin d’année, comme pour les quatre autres OT – quelque chose s’est passé. Pour la ruralité, cette étape à l’aube de la fusion est symptomatique d’un changement, au moins d’échelles, voir plus. Évidement, ce jour-là, la tonalité fut positive. Tout le monde s’est employé à rassurer. Et en tout premiers lieux Stéphanie Tonon, directrice de l’Office de tourisme de Cognac. « On ne vend pas, on ne vendra pas que Cognac !». Elle a expliqué que l’Office allait devenir « Office de Destination », en l’occurrence « Destination Cognac », une dénomination qui a vocation à devenir une véritable marque.  A l’intérieur de ce « territoire d’expérience », l’idée va consister à mettre en valeur l’identité de chacun : Chateaunef et le fleuve Charente, La Grande Champagne et le Cognac, Jarnac, son patrimoine, le musée Mitterrand…

 

Précurseurs

 

 

Si la loi NOTRe de 2015 ne laissait guère de choix sur cette évolution des Offices, la démarche n’a pas vraiment pris de court les OT du Pays Ouest Charente. Voilà plus de quinze ans déjà qu’une convention les liait. « Nous fûmes précurseurs en la matière » explique une présidente d’Office. Mais, Depuis deux ans et demi, la synergie a progressé d’un cran. En se faisant accompagner par un cabinet d’étude, les Offices sont rentrés dans le concret du rapprochement. « Nous avons pratiqué la coconstruction » a témoigné Chantal Nadaud, maire de Gimeux, vice-présidente de la CDC de Cognac, en charge du tourisme. Ainsi, depuis octobre 2014, tous les techniciens des offices, en tant que  connaisseurs du terrain, ont-ils été conviés à plancher sur « l’Office idéal ». Même chose pour les élus, invités à faire part de leurs propositions. En 2015, est apparue une ébauche du nouveau pôle touristique, qui s’affine aujourd’hui. Outils numériques, charte graphique, SADI (Schéma d’accueil et de diffusion de l’information : grosse base de données cartographiant les différentes sources d’information), enquête clientèle, diagnostique numérique du territoire…Pour tenir tête à « Destination littorale » ou à « Destination Bordeaux » – qui se retrouve aujourd’hui dans la même région – il va falloir être fort. « Quelque part, les territoires sont tous en concurrence touristique. Nous n’avons pas d’autres choix que de nous mettre en valeur, donner envie de venir chez nous» confirme S. Tonon. Dans cette course à la visibilité, quelle place occupera Destination Cognac ? « Avec les 400 adhérents de la nouvelle Communauté d’agglomération, nous serons l’un des plus gros Offices de la Grande région. »

 

 

Si Grand Cognac évalue aujourd’hui à 20 millions d’€ les retombées du tourisme, la nouvelle Communauté d’agglomération espère multiplier ce chiffre par deux. Quelle en sera la clé de répartition entre les différents territoires ? C’est l’une des inconnues de l’équation. Peut-être la grande messe qui se tiendra à Cognac  le 28 janvier 2017 (un mardi) en dira-t-elle davantage. A l’occasion de son assemblée générale ordinaire, le nouvel Office de Cognac présentera à tous les acteurs son Schéma de développement du tourisme.

 

 

 

 

Petite histoire de l’ OT de Grande Champagne

Labellisé OT en 1997, l’Office de tourisme aura entrelacé son action avec celles de l’Association touristique et culturelle, de la Maison de la Grande Champagne. Retour sur une histoire qui incarne un pays.

 

En 1979 naît l’Association touristique et culturelle en Grande Champagne. Ses initiateurs, : Pierre Hitier, Annie Rochard, Max Augier…La Maison de la Grande Champagne (qui présente les Cognacs du cru) ouvre ses portes en 1992. Rallye touristique, Fête du Roy (1994), Nuits Blanches en pays jaune d’or…Francine Forgeron est de tous les projets d’animation (voir interview). En 1997 ouvre l’Office de tourisme avec un visage, celui de Marilyne. A partir du 1er janvier 2017, l’OT deviendra BIT (Bureau d’information touristique) mais pour les visiteurs et les locaux « ce sera transparent ».

 

Trois questions à Marie-Noëlle Desse, présidente de l’Office de tourisme de Grande Champagne

 

Que pensez-vous de cette réforme qui ne labellise qu’un OT par Communauté d’agglomération et transforme les « petits » Offices de tourisme en BIT (Bureaux d’informations touristiques) ?

Le tourisme, c’est une activité professionnelle à temps plein. Les présidents d’Offices ne sont pas du tout formés pour suivre les avancées technologiques, l’évolution de la législation…Un directeur d’OT si. J’y vois donc une logique. Par ailleurs, sincèrement, je ne suis pas sûr que le touriste qui vient à l’OT de Grande-Champagne ait une vision juste de là où il est ? A l’inverse, Cognac, ça lui parle. Par contre, l’Office de Cognac devra jouer le jeu. Je suppose que la crainte de certains, c’est que Cognac ville préempte le flux touristique.

Pour vous, quel est le rôle d’un OT – ou demain d’un BIT – dans une petite région ?

L’Office renseigne non seulement les touristes mais aussi et avant tout les locaux. C’est pour cela qu’il est aussi essentiel. Demain ce rôle sera maintenu. Marilyne continuera d’exercer ce lien social : information sur les animations, les activités dédiées aux enfants, l’été actif…La frontière sera simplement plus claire entre le BIT et l’Association Culture et Tourisme en Grande-Champagne. Maryline disposait déjà de peu de temps pour participer aux animations. A partir de 2017, elle se contentera de distribuer les informations de l’Association, traitée au même titre que les autres.

Le BIT restera-t-il une vitrine pour sa région ?

Absolument. Il ne disparaîtra pas. Il sera simplement réorganisé. En cumuler, le BIT sera peut-être ouvert six mois dans l’année, avec des horaires modulés : par exemple 6 h par jour l’été, 4 h en moyenne saison, 2 h par jour 2 fois par semaine l’hiver. Pour le public,  ce sera transparent.

 

 

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