cabanes de vignes, elle rappellent les savoir-faire anciens

29 juin 2017

 

Certaines s’étiolent pour ne pas dire s’écroulent. D’autres ont plutôt fière allure, entretenues par leurs propriétaires. Les « caburotes » pimentent le paysage viticole de leurs frêles architectures. Le Pays Ouest Charente – avant de se fondre dans « Grand Cognac » – avait commandité une étude sur les cabanes de vignes. Ce travail va nourrir – avec plein d’autres éléments – le dossier de candidature du Cognac au patrimoine immatériel de l’Unesco.

 

Caburotes en Charentes, cabanons en Provence, buvettes en Loire et Cher, cabornes dans le Rhône, mazets dans les Cévennes, loges en Champagne.. . Ces petites constructions sans artifices connaissaient à peu près toutes la même fonction : abriter les paysans – et viticulteurs – lors de leurs travaux. A l’époque ou ni tracteur ni 4 x 4 n’existaient, ils n’étaient pas inutile de pouvoir se replier à l’ombre, au sec, au chaud le temps du déjeuner ; pouvoir faire boire les bêtes ; entreposer piquets, herse, petits matériels ; éventuellement préparer la bouillie bordelaise. Si les plus vieilles d’entre elles remontent au 16 ème siècle, le gros de la troupe a été construit autour du Phylloxera, un peu avant, un peu après et jusque dans les années 20 / 30. Quand Jérôme Sourisseau, alors président du Pays Ouest Charente lance une offre de stage pour réaliser l’inventaire des cabanes de vignes sur le territoire, peut-être ne s’attend-il pas à une aussi bonne levée d’inforamtions. Constance Faucher, en master 1 « Valorisation du patrimoine et développement territoriale » à l’Université de Limoges va pointer pas moins de 80 cabanes entre Rouillac et Chateauneuf, Cognac et Segonzac.

Et peut-être en manque-t-il quelques-unes. « Au bas mot, une par commune » remarque la jeune fille. Premier objectif de son travail : à travers l’inventaire, sensibiliser les propriétaires à la protection (avec d’éventuels soutiens financiers qui pourraient être déclenchés). Car « si l’on ne fait rien, dans cinquante ans, tout aura disparu. » Le deuxième objectif vise la valorisation touristique.

Ces « caburotes » sont autant de marqueurs d’une économie et d’une culture régionale, la viticulture. Certes, elles n’ont pas l’importance des burons du Cantal qui signent toute une histoire fromagère mais tout de même ! Le troisième objectif se raccroche à la candidature de Cognac au patrimoine immatériel de l’Unesco. « Ce petit patrimoine vernaculaire témoigne à sa façon de l’imprégnation de l’homme aux savoir-faire anciens. Certes, c’est peut-être anecdotique mais notre candidature a besoin de « fonds » et les cabanes y participent » explique J. Sourisseau.

Au-delà de ça, les anecdotes relevées par Constance Faucher ont la saveur des pêches de vignes au tournant de l’automne. A Foussignac, une cabane s’appelle « au bec salé ». Ses constructeurs manifestaient un petit penchant pour l’alcool. Délicieux non !

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