Si tu ne vas pas à Lagardère…

24 février 2009

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La directrice de l’ANPE Cognac entourée de l’équipe Pro. Agri.

… Lagardère ira à toi. Face à la difficulté de faire coïncider les attentes des employeurs de main-d’œuvre et la compétence des demandeurs d’emploi, l’ANPE propose, dans le cadre du Plan de cohésion sociale, des mesures aidées d’adaptation à l’emploi. Une démarche qui peut se révéler intéressante dans un contexte de relative tension de l’emploi agricole, eu égard à l’agrandissement des structures, au départ de l’ancienne génération de salariés et à la crise des vocations chez les jeunes.

La directrice de l’ANPE de Cognac, Brigitte Seignobosc, le dit tout net : « Le mouton à cinq pattes, ça n’existe pas ! » Et c’est d’autant plus vrai qu’en agri-viti, la demande des employeurs de main-d’œuvre s’oriente de plus en plus vers des profils de candidats polyvalents, dotés d’une « multi-compétence », capables non seulement d’effectuer les travaux manuels, de tailler la vigne mais aussi de conduire des engins, réaliser des traitements… Dans la mesure où les jeunes issus des établissements agricoles et désireux d’embrasser la carrière de salarié ne sont pas légion – et trouvent tout de suite un travail – beaucoup d’employeurs potentiels restent « le bec dans l’eau », alors même que les exploitations grandissent et expriment des besoins de main-d’œuvre plus importants. En août 2005, la loi de cohésion sociale est venue apporter son lot de nouveautés, en mettant l’accent sur la formation, préalable à l’embauche mais aussi post-embauche. Objectif : rendre le demandeur d’emploi opérationnel sur un poste, grâce au suivi de stages. Si la formation préalable à l’embauche n’est pas une création ex nihilo, le « plus » de la loi Borloo consiste à placer l’entreprise au centre du dispositif. Que la formation se réalise à l’intérieur ou à l’extérieur de l’entreprise, qu’elle ait lieu avant ou après l’embauche, l’entreprise va être aidée lorsqu’elle emploiera quelqu’un ayant besoin d’une mise à niveau pour occuper le poste. « Revers de la médaille », l’entreprise s’engage à proposer à la personne formée un contrat d’au moins six mois en CDD (contrat à durée déterminée) ou, mieux, un CDI (contrat à durée indéterminée). Naturellement, ces mesures d’Etat ne fonctionnent qu’après vérification de l’éligibilité de l’entreprise : être à jour de ses cotisations, ne pas avoir licencié dans les six derniers mois.

Aides à la formation préalable à l’embauche

Un premier train de mesures – qui existaient préalablement au Plan Borloo – vise à adapter le demandeur d’emploi au poste de travail. C’est le volet « formation préalable à l’embauche ». Le plan de formation – discuté entre l’ANPE et l’employeur potentiel – fait l’objet d’une prise en charge de l’Etat. Si la formation est délivrée en interne – dans l’entreprise – l’employeur est dédommagé pour le temps passé. Si le stage d’adaptation est effectué à l’extérieur, l’employeur paie le centre de formation mais se fait rembourser soit par l’Etat soit par l’Assedic selon la situation du demandeur d’emploi. La durée de la formation ne peut pas excéder 450 heures. Durant la formation, le demandeur d’emploi ne fait pas partie des effectifs de l’entreprise. Il a le statut de stagiaire de la formation. Par contre, dès le lendemain de cette période, l’employeur s’engage à le recruter pour au moins un CCD de 6 mois, plus si affinités. Selon que le demandeur d’emploi sera ou non indemnisé par l’ASSEDIC en ARE (Aide au retour à l’emploi), le montant de la prise en charge de la formation variera. Dans les deux cas, le demandeur d’emploi reste indemnisé durant la formation. Noms de code des mesures : AFPE (Action de formation préalable à l’embauche) pour les personnes indemnisées en ARE par l’ASSEDIC et APR (Action préparatoire au recrutement) pour les personnes non indemnisées en ARE.

Aides à l’embauche incluant une formation

Avec les deux mesures suivantes, on change de registre. Cette fois, il ne s’agit plus de formation préalable au recrutement mais d’embauche véritable, temporaire ou définitive – en CDD ou en CDI – complétée d’un plan de formation accompagnant le contrat de travail. C’est le volet « formation post-embauche ». Le bénéficiaire de la formation est en même temps salarié de l’entreprise. Là réside la véritable nouveauté introduite par le Plan de cohésion sociale. Ce dispositif, destiné à faciliter l’insertion des personnes sans emploi – chômeurs de longue durée, titulaires de minima sociaux – prévoit des aides financières à l’embauche sous la forme d’une prise en charge partielle du salaire brut mensuel versé par l’employeur, variable selon la typologie des demandeurs d’emploi. S’y ajoute une exonération des charges patronales ainsi qu’une aide à la formation. Dans le cas du CIE (Contrat initiative emploi) la prise en charge partielle du salaire court sur 12 mois (18 mois pour le CI-RMA, Contrat insertion – revenu minimum d’activité). Que ce soit sous la forme d’un CDD ou d’un CDI, l’employeur ne peut faire jouer qu’une fois ce type de contrat de travail aidé. Comme pour les aides à la formation vues plus haut, ces aides au retour à l’emploi font l’objet d’une convention signée entre l’employeur et l’ANPE et d’un suivi personnalisé, dont la fréquence dépendra des besoins (une semaine, quinze jours, un mois). Les services de l’ANPE peuvent également intervenir en appui pour la signature des contrats de travail, mais sans interférer sur le dit contrat, qui relève de la seule responsabilité des parties.

 

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Mesures aidées d’adaptation à l’emploi.

 
ANPE Une Ruche Bourdonnante

Une antenne ANPE est une vaste ruche qui fonctionne à la fois de manière désincarnée – bornes internet – et très incarnée, avec des agents fortement mobilisés autour du rapprochement offre/demande et du suivi personnalisé.

S’il y a un domaine où internet aura fait une entrée massive, c’est bien celui de l’emploi. Exit les immenses placards qui recensaient à la queue leu leu les offres d’emploi par rubriques, par régions… Les écrans d’ordinateur, les bornes internet ont remplacé le support papier… sans toujours supprimer les files d’attentes. Car tout le monde n’a pas internet chez soi pour consulter les offres en ligne ou candidater. D’où, parfois, un léger embouteillage autour des postes de consultation, malgré « l’animatrice de zone » ou les « ateliers internet » censés rendre tout le monde autonome. Pourtant l’informatisation a participé grandement à la réforme des services de l’ANPE qui misent plus que jamais sur le rapprochement personnalisé des offres et des demandes. L’aménagement intérieur des ANPE en témoigne. La zone de circulation dispatche vers des « espaces entretiens », véritables centres névralgiques de la recherche d’emploi. L’antenne de Cognac compte cinq bureaux de ce type. Au terme de la procédure dite du « suivi mensuel personnalisé », les demandeurs d’emploi sont reçus au moins une fois par mois par un conseiller identifié, pour faire le point de leur recherche d’emploi. Afin de couvrir au mieux les secteurs économiques dominants du bassin d’emploi, l’ANPE est organisée en équipes professionnelles.

L’antenne de Cognac en compte deux, une spécialisée dans le commerce, l’hôtellerie, les services, la santé, l’autre dans tout ce qui est bâtiment, agriculture, viticulture, industrie et intérim. Alain Dattiches remplit le rôle d’animateur de la seconde. La mission essentielle des équipes pro. consiste à rapprocher systématiquement les demandes d’emploi des métiers qui coïncident. D’où une expertise du potentiel des candidats mais aussi une connaissance aussi exacte que possible des postes à pourvoir. Les agents ANPE peuvent se déplacer dans les entreprises. Ils aident à rédiger les offres d’emploi. Et ensuite les traitent, en essayant de respecter au mieux les critères énoncés. Les équipes fonctionnent en binôme – deux personnes pour les activités de viticulture, tonnellerie… – afin de ne pas laisser un dossier en souffrance.

L’ANPE de Cognac couvre un territoire étendu, qui englobe les cantons de Cognac, Jarnac, Segonzac, Châteauneuf ainsi que les 3 B du Sud-Charente : Barbezieux, Baignes, Brossac. Dans ce périmètre, du 1er janvier au 30 septembre 2006, furent recensées 397 offres d’emplois agricoles. Si l’essentiel concernait des tâches saisonnières, 44 portaient sur des emplois plus durables – CDD de plus de six mois – dont 38 en CDI. Directrice de l’ANPE de Cognac, Brigitte Seignobosc souligne qu’à pareille époque l’année précédente, le nombre d’offres en CDI s’élevait à 23. « Nous constatons une certaine tension sur l’emploi agricole, une évolution à laquelle nous sommes attentifs. » La responsable d’antenne ne cache pas qu’en agricole, la part de marché de l’ANPE reste faible par rapport à d’autres secteurs. Cependant, cette part de marché évolue et les performances de l’ANPE sont loin d’être ridicules. Avec 88 % de taux de satisfaction des offres, l’ANPE affiche le même score en agriculture que sur les autres secteurs (87 %).

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